Accusations sans preuve : Lavrov contre Kiev en Afrique

Une tournée diplomatique en Afrique de l’Est se transforme en nouveau front rhétorique entre Moscou et Kiev. Le 10 juillet, à Bujumbura, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a accusé des ressortissants ukrainiens de soutenir le M23 dans l’est de la République démocratique du Congo, aux côtés du gouvernement congolais et du Burundi. L’Ukraine a rejeté cette accusation dès le lendemain.

Lavrov s’exprime lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue burundais Édouard Bizimana, à l’issue d’une audience avec le président Évariste Ndayishimiye — actuel président en exercice de l’Union africaine. Il évoque une agression du M23 «soutenu par des représentants étrangers, parmi lesquels figurent également des Ukrainiens », sans détailler la nature de cette présence ni produire d’élément à l’appui.

Le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Heorhii Tykhyi, qualifie les propos de Lavrov de désinformation dépourvue de fondement. Il accuse en retour la Russie d’armer des groupes en violation des sanctions internationales et de recruter des ressortissants d’États africains pour combattre contre l’Ukraine.

Des informations similaires ont été évoquées au Mali, où une colonne de mercenaires russes de Wagner et de soldats maliens a été tuée dans une embuscade tendue par des rebelles touaregs et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), dans le nord du Mali. Le porte-parole du renseignement militaire ukrainien (GUR), Andriï Yusov, a affirmé que les assaillants ont reçu « toute l’information nécessaire » de ses services.

Ces informations ont été évoquées également au Soudan, où une unité spéciale du GUR aurait participé aux combats contre les Forces de soutien rapide (FSR). Des vidéos attribuées à ces forces montrent des frappes de drones visant des combattants présentés comme des mercenaires russes et leurs alliés locaux.

Ces deux précédents placent le démenti ukrainien sur la RDC dans une position fragile. Au Mali, un porte-parole officiel avait revendiqué un rôle avant de se rétracter. Au Soudan, l’ambiguïté a persisté sans jamais être tranchée.