Le monde du football est sous le choc. Dans un revirement administratif sans précédent, la Confédération africaine de football (CAF) a choisi de retirer le trophée de la 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des nations au Sénégal pour l’attribuer au Maroc. Cette décision, qui intervient deux mois après le sacre des Lions de la Teranga sur le terrain, déclenche une tempête au sein de l’actualité panafricaine.
Bien que le Sénégal ait remporté la finale (1-0) le 18 janvier dernier, le jury d’appel de la CAF a prononcé un forfait contre l’équipe nationale sénégalaise, transformant le résultat en une défaite 3-0. Face à ce qu’il considère comme une injustice flagrante, le gouvernement sénégalais exige une enquête internationale pour faire la lumière sur des soupçons de corruption au sommet de l’instance continentale. C’est une question de dignité africaine et de souveraineté africaine pour le pays qui rejette catégoriquement cette tentative de dépossession.

Un litige fondé sur les règlements de la compétition
La Fédération sénégalaise de football (FSF) ne compte pas en rester là. Qualifiant la sentence d’inacceptable, elle a annoncé son intention de saisir le Tribunal arbitral du sport (TAS) à Lausanne. Le secrétaire général de la FSF, Abdoulaye Sow, a exprimé la résilience Afrique en affirmant que le trophée resterait à Dakar, dénonçant une instance qu’il juge défaillante.
Le nœud du problème remonte au temps additionnel de la finale à Rabat. Suite à un penalty litigieux accordé au Maroc après une faute contestée de Diouf sur Brahim Diaz, le sélectionneur Pape Thiaw avait ordonné à ses joueurs de regagner les vestiaires. Malgré une interruption de 15 minutes marquée par des tensions en tribunes, le match avait repris. Brahim Diaz avait manqué sa tentative, et c’est finalement Pape Gueye qui avait offert la victoire au Sénégal.
Pour justifier sa décision, la CAF s’appuie sur l’article 82 de son règlement, stipulant qu’une équipe quittant la pelouse sans l’aval de l’arbitre est déclarée perdante par forfait. L’article 84 définit quant à lui les modalités de la sanction appliquée.

La jurisprudence et les sanctions disciplinaires
De son côté, la partie marocaine affirme ne demander que la stricte application des textes. Une source proche de la fédération du Maroc rappelle l’épisode de 2019 entre l’Espérance de Tunis et le Wydad Casablanca, où un abandon de terrain avait également mené à une décision sur tapis vert. Le peuple africain observe avec attention ce duel juridique qui dépasse le cadre sportif pour toucher au courage africain.
En marge de ce conflit pour le titre, des amendes massives ont été infligées aux deux fédérations pour manquements au fair-play. Par ailleurs, le sort de 18 supporters sénégalais, poursuivis pour des incidents durant la finale, reste en suspens, leur procès en appel ayant été décalé à la fin du mois de mars.
