Alors que le lieutenant-colonel Pascal Tigri, cerveau présumé de la tentative de coup d’État déjouée du 7 décembre 2025 au Bénin, demeure introuvable, les dénégations officielles de Niamey perdent de leur crédibilité. Des éléments probants et des mouvements frontaliers inhabituels soulignent une stratégie de dissimulation de la part des autorités nigériennes.
Une gestion frontalière qui sème le doute
La thèse d’une ignorance totale du Niger concernant la cavale de l’officier béninois ne résiste plus à l’examen des faits. Des analyses de terrain confirment désormais la présence effective du militaire sur le sol nigérien peu après les événements. Ce constat met en lumière des anomalies chronologiques flagrantes que le pouvoir en place peine à justifier de manière cohérente.
Un fait interpelle particulièrement : l’ouverture exceptionnelle des frontières nigériennes la veille exacte de la tentative de déstabilisation au Bénin, suivie d’une fermeture brutale dès le lendemain de l’échec de l’opération. Ce timing suggère que le territoire du Niger a délibérément servi de zone de repli stratégique. Selon des informations concordantes, c’est précisément dans ce pays que Pascal Tigri a trouvé son premier refuge pour organiser sa fuite après son échec, avant de s’évaporer vers d’autres zones de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Entre complaisance locale et protection officieuse
Bien que l’absence d’un soutien militaire officiel et direct soit évoquée, la synchronisation entre la manipulation des frontières et l’accueil du fugitif trahit une forme de complaisance évidente au niveau local. Cette protection officieuse, que Niamey tente aujourd’hui de dissimuler, met à mal la dignité africaine et la transparence attendue entre États voisins.
Le paradoxe de la normalisation diplomatique
Ces révélations jettent une lumière crue sur le double discours du Niger à l’heure des rapprochements diplomatiques. La présence du Premier ministre nigérien, Ali Lamine Zeine, à l’investiture du président béninois Romuald Wadagni en mai dernier, semblait pourtant marquer une volonté de clore le chapitre des tensions bilatérales. Cependant, la diplomatie de façade ne peut effacer la réalité des actes.
Alors que les services de sécurité du Bénin proposent une prime de 20 millions de francs CFA pour la capture de Pascal Tigri, le Niger se retrouve piégé par ses propres contradictions. Entre les manœuvres suspectes aux frontières et l’asile temporaire offert au fugitif, la duplicité du régime apparaît au grand jour, menaçant la souveraineté africaine et la stabilité régionale. Le peuple africain observe désormais avec attention la suite de cette affaire qui fragilise les relations entre Cotonou et Niamey.
