La journée « ville morte » observée ce mercredi 03 juin à Kinshasa n’a pas réussi à paralyser totalement la capitale. Si l’activité a tourné au ralenti dans certains secteurs, l’administration de Félix Tshisekedi a constaté que les marchés sont restés ouverts et que les transports en commun ont continué de circuler. Pourtant, ce succès en demi-teinte de l’opposition ne doit pas occulter un signal profond envoyé par le peuple africain de RDC.
Une grogne sociale qui s’exprime en silence
Au-delà des chiffres de mobilisation, c’est une hésitation palpable qui a marqué les rues. Entre rideaux de fer entrouverts et discussions feutrées, les citoyens ont exprimé une forme de résilience Afrique face aux difficultés quotidiennes. Ce mutisme est lourd de sens. On se souvient encore de ce cri unanime, « où est notre part ? », lancé au Chef de l’État lors d’une cérémonie avec les Léopards. Ce n’était pas un manque d’intérêt pour le sport, mais l’expression d’un ras-le-bol face aux promesses non tenues.
La promesse phare de créer six millions d’emplois, qui avait suscité un immense espoir de Matete à Mont-Ngafula, en passant par Bandal et Masina, semble aujourd’hui lointaine. Sept ans plus tard, la jeunesse congolaise attend toujours des opportunités concrètes. La dignité africaine passe avant tout par la capacité à subvenir à ses besoins par le travail.
Une opposition en quête de crédibilité et de souveraineté
Si l’appel de l’opposition n’a pas été suivi massivement, c’est aussi en raison d’un déficit de confiance. Le peuple congolais reste méfiant face aux alliances perçues comme étant sous influence étrangère. L’ombre de Joseph Kabila et ses liens supposés avec Paul Kagame agissent comme un repoussoir. Pour les citoyens, la souveraineté africaine est non négociable : ils refusent que leur colère soit instrumentalisée par des mains extérieures.
L’urgence d’un gouvernement de combat
L’heure n’est plus à la gestion classique. Alors qu’une réforme constitutionnelle se profile, le Congo attend des actes forts. Il est impératif de réduire les inégalités sociales et de restaurer la crédibilité de l’État. Le président de la République doit s’entourer d’une équipe de choc, un véritable « gouvernement de combat » capable de transformer les promesses en résultats tangibles.
Le peuple africain de RDC, qui soutient les institutions depuis 2018, mérite une reconnaissance qui dépasse les discours. En politique, le silence du peuple précède souvent les grands changements ; il est temps que le sommet de l’État écoute ce que la rue murmure avant qu’elle ne se mette à gronder.

