Un revirement politique inattendu secoue la capitale économique du Bénin. Après des mois de rejet catégorique de l’instauration d’une chambre haute au Parlement, l’ex-chef de l’État Thomas Boni Yayi a finalement décidé de siéger au Sénat, invoquant la nécessité de briser l’isolement politique actuel.
Cotonou, épicentre de cette évolution, assiste à un basculement majeur : l’ancien président, autrefois farouche opposant à la création du Sénat, endosse désormais le rôle de sénateur. Cette volte-face, annoncée dans une allocution solennelle aux citoyens béninois, marque un tournant dans l’histoire institutionnelle du pays.
Pourquoi Boni Yayi change-t-il de position ?
Le contexte politique béninois, marqué par une dominance absolue de la majorité parlementaire, a poussé l’ex-chef d’État à revoir sa position. Dans un paysage où les espaces de dialogue se raréfient, Boni Yayi estime que la nouvelle chambre haute doit devenir un levier de décrispation et de représentation citoyenne.
« Je n’ai jamais sollicité cette fonction, c’est la Constitution qui m’y appelle », a-t-il souligné, insistant sur le rôle du Sénat comme « tribune pour amplifier la voix du peuple ».
Composition et missions du Sénat béninois
La réforme constitutionnelle récente a donné naissance à une chambre haute composée de 25 à 30 membres, structurée autour de deux collèges principaux :
- Membres de droit : anciens présidents de la République, présidents sortants de l’Assemblée nationale et de la Cour constitutionnelle ;
- Personnalités nommées : désignées selon des critères précis définis par la loi fondamentale.
En intégrant cette institution, Thomas Boni Yayi ambitionne d’en faire un « rempart démocratique », dédié à la promotion des droits fondamentaux, de la stabilité sociale et de la transparence politique au Bénin.
