Autochtonie et allochtonie au Cameroun : un débat sans fondement juridique

Autochtonie, allochtonie : comprendre les droits des citoyens camerounais

La Constitution camerounaise protège l’égalité de tous les citoyens, indépendamment de leur origine. Les distinctions entre autochtones et allochtones relèvent davantage d’une identité culturelle que d’un cadre juridique.

La citoyenneté camerounaise garantit les mêmes droits à tous, sans distinction de filiation ou d’origine. L’autochtonie, bien que culturelle, ne confère aucun privilège juridique. Voici pourquoi ce débat est une impasse.

1) La citoyenneté ne fait pas de quiconque un autochtone

L’autochtonie s’enracine dans une histoire collective, une mémoire partagée et une relation sacrée aux terres ancestrales. Elle ne s’acquiert ni par l’achat d’un terrain ni par une simple installation. Les droits coutumiers des peuples autochtones sont inaliénables : ils ne se transmettent pas par transaction, mais s’éteignent avec la cession des terres. Être Camerounais, c’est partager une identité nationale, mais cela ne transforme pas magiquement un citoyen en autochtone de sa région d’adoption.

ON NE NAÎT PAS AUTOCHTONE PAR LA CITOYENNETÉ.

2) Doit-on être autochtone pour se sentir chez soi dans son propre pays ?

Absolument pas. La légitimité de l’appartenance à un territoire ne repose pas sur l’autochtonie, mais sur la citoyenneté. Un Camerounais, où qu’il s’installe à Yaoundé, à Douala ou à Maroua, est chez lui parce qu’il est Camerounais. Les droits fonciers et civiques sont équivalents pour tous, autochtones ou non. La République unie ne peut se construire sur des critères d’appartenance fragmentés.

CHAQUE CITOYEN EST CHEZ LUI PARTOUT AU CAMEROUN. POINT.

3) Dans son propre village, un autochtone est-il partout chez lui ?

Non. Même au cœur de son village ancestral, l’espace est structuré par des droits de propriété individuels. Un autochtone ne peut s’arroger le domicile d’un allochtone propriétaire, pas plus qu’un allochtone ne peut exproprier un autochtone. La loi protège la possession légitime, qu’elle soit coutumière ou moderne. L’autochtonie ne saurait justifier des abus de pouvoir local.

LES DROITS DE PROPRIÉTÉ S’APPLIQUENT ÉGALEMENT AUX AUTOCHTONES ET AUX ALLOCHTONES.

4) Un autochtone dispose-t-il de plus de droits qu’un allochtone dans son village ?

La Constitution camerounaise est claire : tous les citoyens sont égaux devant la loi. L’autochtonie relève de l’identité culturelle, non du droit. Elle ne peut servir de base à des privilèges juridiques. Les débats sur l’autochtonie ne doivent pas occulter ce principe fondamental : la loi est indivisible et s’applique à tous de manière uniforme.

LA LOI IGNORE LES HIÉRARCHIES D’ORIGINES. TOUS LES CAMEROUNAIS SONT ÉGAUX.

5) Certaines fonctions publiques sont-elles réservées aux autochtones ?

Oui, deux postes électifs le sont : celui de maire et celui de président de Conseil régional. Pour tous les autres mandats (député, conseiller municipal, etc.), aucune condition d’autochtonie n’est exigée. La loi encadre strictement ces exceptions pour éviter toute dérive identitaire. Mais ces cas restent marginaux dans le paysage institutionnel camerounais.

SEULEMENT DEUX FONCTIONS LOCALES SONT LIÉES À L’AUTOCHTONIE. TOUT LE RESTE EST OUVERT À TOUS.

En définitive, le clivage autochtonie/allochtonie est un leurre. Il divise une nation déjà confrontée à des défis majeurs. Ce qui compte, c’est l’unité dans la diversité, la solidarité et la construction d’un avenir commun. Le Cameroun ne progressera pas en opposant des communautés, mais en valorisant ce qui les unit : leur camerounité. L’autochtonie et l’allochtonie doivent être perçues comme des richesses culturelles à intégrer, non comme des armes politiques.

Nous devons transcender les querelles d’appartenances pour embrasser une vision collective. Comme les membres d’une même famille, nous devons regarder vers l’avenir, vers ce qui nous rassemble plutôt que vers ce qui nous sépare. La grandeur du Cameroun réside dans son unité, pas dans ses divisions internes.

OSCAR NJIKI

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