Dans le nord du Mali, la situation sécuritaire se dégrade. Le Front de libération de l’Azawad (FLA) a multiplié les appels à la mobilisation, lancés fin mai par son responsable de la Défense. L’organisation séparatiste invite désormais l’ensemble des populations locales à rejoindre ses rangs, annonçant le prélude à une offensive de grande ampleur contre les forces gouvernementales et leurs partenaires.
Le commandement militaire du FLA a sommé « tous les fils de l’Azawad » de se rendre sans délai sur le front. Cette directive fait suite au décret de mobilisation générale pris fin mai. Le mouvement indique que ce ralliement vise à lancer ce qu’il appelle la « deuxième phase de la libération des villes de l’Azawad ». Le groupe cible les centres urbains tenus par les Forces armées maliennes (FAMA) et les détachements d’Africa Corps, la compagnie paramilitaire russe qui soutient Bamako.
Les observateurs régionaux y voient le signe d’une reprise imminente des hostilités, alors que le Nord-Mali traverse une période volatile depuis la rupture de l’accord d’Alger et la reprise des principales villes par l’armée malienne fin 2023. En annonçant une « deuxième phase », le FLA signale son intention de passer d’une stratégie de guérilla à des opérations de plus grande envergure pour reprendre le contrôle des localités clés. La situation sécuritaire demeure très précaire, les forces autonomistes ciblant les troupes russo-maliennes tandis que Bamako mène des opérations antiterroristes, plongeant la région dans une impasse dont les civils restent les premières victimes.
