la démolition du marché à bétail de faladiè plonge 300 familles dans une précarité extrême
Le marché à bétail de Faladiè, situé en périphérie de Bamako, a été rasé par des bulldozers, entraînant la destruction d’un camp de déplacés internes abritant plus de 300 familles. Cette opération, menée dimanche 19 avril, aggrave une situation humanitaire déjà critique au Mali, où des milliers de personnes vivent dans des conditions précaires après avoir fui les violences.
Le garbal de Faladiè, comme on l’appelle localement, était non seulement un lieu d’échange commercial vital pour les éleveurs, mais aussi un refuge pour des familles déplacées, principalement originaires du centre du pays. Leur expulsion brutale les laisse désormais sans abri, sans accès à l’eau, à la nourriture ou aux soins.
une relocalisation vers sanankoroba jugée inefficace
Officiellement, les déplacés devaient être redirigés vers le site aménagé de Sanankoroba, à 35 km de Bamako. Pourtant, ce centre est considéré comme non fonctionnel par les vendeurs de bétail et les familles concernées. Dado, une mère originaire du cercle de Bankass, raconte : « Nous sommes sept : ma mère, mes deux filles et mes trois garçons. Nous avons fui notre village en 2020 à cause de la guerre et pensions être en sécurité ici. »
Plus de 2 000 personnes, majoritairement des femmes et des enfants, se retrouvent désormais sans toit, sans ressources et sans perspective. Le camp de Faladiè, bien que informel, bénéficiait jusqu’ici du soutien d’organisations humanitaires et des autorités maliennes. Son évacuation forcée laisse ces familles dans un vide juridique et social.
Face à cette situation dramatique, Dado lance un appel à l’aide : « Nous n’avons pas d’autre choix que de partir. Mais nous supplions les autorités de nous trouver un autre endroit où nous pourrions nous installer. Avant, nous ramassions des déchets pour les revendre aux éleveurs. Aujourd’hui, nous n’avons ni eau, ni nourriture, ni même un toit. »
un contexte marqué par les violences et les décisions contestées
La démolition du garbal de Faladiè s’inscrit dans une série de mesures prises après les attaques djihadistes de septembre 2024 contre des sites militaires et une école de gendarmerie à Bamako. Les autorités maliennes avaient alors décidé de déplacer plusieurs marchés à bétail, suspectés d’abriter des combattants. Pourtant, le camp de déplacés, qui s’y trouvait, n’a pas été pris en compte dans cette décision.
La Direction nationale du développement social n’a pas encore commenté cette crise, estimant qu’il est « trop tôt » pour se prononcer. En attendant, les familles déplacées doivent faire face à l’urgence absolue : se loger.
Cette situation met en lumière les défis humanitaires persistants au Mali, cinq ans après le coup d’État, et interroge sur l’efficacité des stratégies de relocalisation mises en place par les autorités.
