Bénin : les contrôles routiers vont-ils enfin faire baisser l’insécurité sur les axes stratégiques ?

Depuis plusieurs mois, les usagers de la route au Bénin subissaient une hausse inquiétante des accidents liés au non-respect des règles de circulation. Face à cette situation, les autorités ont décidé de réagir avec une fermeté inédite. Mais cette offensive policière, baptisée « Code 0 », vise-t-elle vraiment à améliorer la sécurité routière ou n’est-elle qu’une mesure temporaire ?

Zémidjan

Une mobilisation sans précédent contre les infractions routières

Le commandement de la Police républicaine a lancé une opération d’envergure ce week-end, ciblant spécifiquement les automobilistes et les conducteurs de deux-roues motorisés. Dès les premières 48 heures, plus d’une centaine de motocyclistes et une dizaine de conducteurs de voitures ont été interpellés pour des manquements graves au Code de la route. Les zones les plus denses, comme Fidjrossè, ont été particulièrement surveillées, avec plus de quarante verbalisations en une seule heure.

Les axes stratégiques du pays ne sont pas épargnés. À Cotonou, les boulevards de la Marina et les carrefours saturés ont vu défiler des patrouilles aux aguets, arrêtant sans relâche ceux qui enfreignent les règles élémentaires de prudence.

Des amendes dissuasives pour décourager les mauvais comportements

Les sanctions appliquées sont claires et immédiates. L’utilisation du téléphone portable au volant ou au guidon coûte désormais 20 000 francs CFA, tandis que la surcharge est verbalisée à 10 000 francs CFA. Circuler en sens interdit ou omettre de porter son casque protecteur expose également à des pénalités lourdes : 6 000 francs CFA et 5 000 francs CFA respectivement. Ces montants, bien que élevés, reflètent la volonté des autorités de faire respecter la loi.

Les feux rouges ne sont pas en reste. Leur franchissement systématique fait l’objet d’une répression accrue, avec des verbalisations systématiques pour tous les contrevenants.

Une campagne qui s’étend bien au-delà de Cotonou

Cette opération n’est pas cantonnée à la métropole économique. Plusieurs villes du pays, dont Porto-Novo, Parakou, Abomey-Calavi, Sèmè-Podji, Ouidah et Bohicon, bénéficient d’un déploiement massif des forces de l’ordre. Des détachements spécialisés quadrillent les axes urbains et périurbains, traquant sans relâche les comportements à risque.

L’objectif affiché par la Police républicaine est double : réduire drastiquement le nombre d’infractions et, surtout, sauver des vies. Les statistiques parlent d’elles-mêmes : chaque année, des centaines de Béninois perdent la vie dans des accidents évitables. Cette campagne entend inverser cette tendance en instaurant une culture de la discipline routière.

Vers une nouvelle ère de sécurité routière ?

Si les premières réactions des usagers sont mitigées, certains saluant la rigueur des contrôles tandis que d’autres dénoncent leur caractère soudain et parfois brutal, une chose est sûre : cette initiative pourrait marquer un tournant. Les autorités misent sur la pédagogie associée à la répression pour ancrer de nouvelles habitudes chez les conducteurs.

Reste à savoir si cette mobilisation sera suffisamment durable pour transformer durablement les comportements. Une chose est certaine : au Bénin, la sécurité routière n’est plus une option, mais une priorité nationale.

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Sécurité régionale et Politique

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