Bénin : une stratégie industrielle ambitieuse pour attirer les investisseurs

Lors de la conférence Africa Forward | Inspire & Connect, organisée à l’initiative des présidents Macron et Ruto, les figures clés de l’économie béninoise ont mis en lumière les atouts du pays pour les investisseurs. Létondji Beheton, directeur général de SIPI-BENIN S.A, et Maryse Lokossou, directrice générale de CDC Bénin, ont présenté les avancées concrètes d’une politique industrielle visant à transformer le Bénin en hub économique de l’Afrique de l’Ouest.

La transformation locale au cœur de la stratégie béninoise

Face à des investisseurs internationaux réunis à Nairobi, les responsables béninois ont détaillé une feuille de route centrée sur la transformation des matières premières, l’industrialisation et la sécurisation de capitaux durables. Parmi les leviers de cette politique, la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) s’impose comme un symbole fort. Cette zone économique spéciale, s’étendant sur 1 640 hectares, accueille désormais plus de vingt usines en activité, générant près de 25 000 emplois. Létondji Beheton a souligné les défis persistants de l’industrialisation africaine, comme le coût énergétique ou les contraintes logistiques, tout en insistant sur les solutions mises en œuvre par le Bénin : investissements massifs dans les infrastructures, développement de l’énergie renouvelable et modernisation des réseaux de transport.

Le pays mise particulièrement sur la valorisation de ses ressources agricoles. Avec une production cotonnière parmi les plus importantes du continent, le Bénin ambitionne d’augmenter significativement la part de coton transformé localement avant exportation. La noix de cajou, autre pilier de son économie, fait également l’objet d’une stratégie similaire pour booster sa valeur ajoutée.

CDC Bénin : un fonds souverain au service de l’industrialisation

Créée en 2018 par l’État béninois, la CDC Bénin joue un rôle central dans le financement des projets stratégiques. Maryse Lokossou a expliqué comment cette institution publique mobilise des capitaux de long terme pour accompagner la transformation économique du pays. Son objectif ? Soutenir des investissements durables dans des secteurs clés comme l’agro-industrie, tout en renforçant les compétences locales et en créant des emplois, notamment pour les jeunes.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : près de 13 % du coton brut produit au Bénin est désormais transformé sur place, tandis que près de 50 % des noix de cajou destinées à l’exportation subissent une première transformation locale. Ces avancées témoignent de la volonté du gouvernement de réduire la dépendance aux matières premières brutes et de privilégier une économie plus intégrée et compétitive.

Un appel clair aux investisseurs étrangers

Les deux dirigeants ont multiplié les messages pour convaincre les partenaires internationaux de miser sur le Bénin. Maryse Lokossou a présenté la CDC Bénin comme un partenaire clé pour les investisseurs, offrant un accompagnement adapté pour minimiser les risques liés aux projets industriels. Létondji Beheton a, quant à lui, appelé à accélérer le rythme des investissements pour concrétiser les ambitions industrielles du pays.

Ils ont insisté sur l’existence d’un écosystème déjà solide, combinant infrastructures modernes, soutien financier et volonté politique. En participant à cet événement, le Bénin cherche avant tout à renforcer son attractivité auprès des acteurs économiques étrangers et à positionner le pays comme une destination privilégiée pour les investissements dans l’industrie, l’énergie et les infrastructures en Afrique de l’Ouest.