Douala, Cameroun – Pour renforcer la précision des décisions politiques dans les secteurs de l’énergie, de l’économie et de l’environnement, le Cameroun s’engage dans une démarche innovante : l’élaboration de ses comptes énergétiques. Portée par la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), cette initiative s’inscrit dans un atelier technique organisé à Douala du 22 au 26 juin, en collaboration avec l’Institut national de la statistique (INS) et la Banque mondiale, dans le cadre du projet HISWACA.
Un outil statistique au service des politiques publiques
L’objectif de cet atelier est de rassembler les acteurs clés du secteur – institutions gouvernementales, agences spécialisées et partenaires techniques – afin d’évaluer les données disponibles et de définir les exigences nécessaires à la mise en place de comptes énergétiques conformes au Système de comptabilité économique et environnementale (SCEE). Ce cadre statistique international, adopté par les Nations Unies, permet de mesurer les interactions entre l’économie, l’énergie et l’environnement.
Les comptes énergétiques offrent une vision globale des flux énergétiques : extraction, production, transformation, consommation et échanges commerciaux. Ils relient ces données aux activités économiques du pays et aux rejets environnementaux, répondant ainsi à des questions stratégiques :
- Quelle est la production énergétique nationale ?
- Quels secteurs consomment le plus d’énergie ?
- Comment l’énergie est-elle transformée et utilisée dans l’économie ?
- Quel rôle joue-t-elle dans la création de richesse et l’emploi ?
- Quel est son impact sur les émissions de gaz à effet de serre ?
Ces outils permettent également d’éclairer les choix d’investissement pour accélérer la transition énergétique du Cameroun.
Un levier pour la planification stratégique et la transition énergétique
Dans un contexte de demande énergétique croissante, de sécurité d’approvisionnement et d’urgence climatique, disposer de statistiques fiables et intégrées devient un atout majeur pour concevoir des politiques publiques fondées sur des données probantes. Les comptes énergétiques s’alignent sur les ambitions portées par la Vision 2035 du Cameroun et la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), qui placent l’industrialisation durable, la transformation structurelle et la transition énergétique au cœur de leurs priorités.
Par ailleurs, ces comptes contribueront au suivi des Objectifs de développement durable (ODD), notamment en matière d’accès à une énergie propre, de lutte contre le changement climatique et de gestion durable des ressources naturelles. Ils permettront également d’évaluer l’efficacité des politiques énergétiques, de renforcer la cohérence entre planification économique et gestion environnementale, et d’intégrer davantage les enjeux écologiques dans les décisions publiques.
Une feuille de route pour des données énergétiques fiables et exploitables
L’atelier de Douala marque une étape décisive dans la construction de ces comptes. Il vise à identifier les besoins des utilisateurs, à cartographier les données existantes, à repérer les lacunes et à définir une feuille de route opérationnelle pour leur compilation future. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Plan national de développement de la comptabilité environnementale et économique (PNDEAE), adopté par le gouvernement camerounais en 2023 pour structurer la mise en œuvre du SCEE.
La CEA apporte un soutien technique et méthodologique, en s’appuyant sur des normes internationales et une expertise spécialisée, notamment celle de l’Office for National Statistics (ONS) du Royaume-Uni. Ce partenariat garantit une assistance continue tout au long du processus, renforçant ainsi les capacités statistiques nationales du Cameroun.
Un pas de plus vers une gouvernance énergétique éclairée
Au-delà de leur dimension technique, les comptes énergétiques constituent un outil stratégique pour le Cameroun. Ils fourniront un cadre robuste permettant d’évaluer l’impact des politiques énergétiques, d’optimiser la planification économique et de mieux intégrer les enjeux environnementaux dans les choix publics. Cette initiative illustre l’engagement du pays à concilier développement économique, durabilité et résilience face aux défis climatiques.
