Can 2025 : le Sénégal conteste la perte de son titre face au Maroc

Pourquoi le Sénégal a-t-il perdu son titre de champion d’Afrique après la CAN 2025 ?

La Coupe d’Afrique des Nations 2025 a basculé après une décision controversée de la CAF : le titre, initialement remporté par le Sénégal, a été retiré et attribué au Maroc. Retour sur les événements et les enjeux juridiques de cette affaire exceptionnelle.

Équipe du Sénégal célébrant un but lors de la CAN

Les raisons de la décision controversée de la CAF

Lors de la finale de la CAN 2025, le Sénégal s’imposait face au Maroc après une rencontre marquée par des décisions arbitrales contestées. Le match, joué dans un climat de méfiance envers l’arbitrage et la gouvernance de la CAF, a vu plusieurs incidents décisifs : un but refusée à la 92ème minute pour le Sénégal, un pénalty accordé au Maroc à la 98ème minute, puis une sortie des joueurs sénégalais en signe de protestation. Ce retrait, interprété comme un forfait par les instances, a conduit à une suspension de 15 minutes avant la reprise et la victoire finale des Lions de la Teranga.

Cependant, selon les règlements de la Coupe d’Afrique des Nations, tout abandon de terrain sans autorisation de l’arbitre est sanctionné par une défaite sur tapis vert (3-0). C’est sur ce fondement que la Fédération royale marocaine de football a saisi le Jury disciplinaire de la CAF, qui a initialement rejeté la réclamation avant qu’un recours ne soit introduit. Le 17 mars 2026, le Jury d’Appel de la CAF a finalement tranché : le Sénégal a été déclaré forfait pour avoir quitté le terrain, et le titre a été attribué au Maroc.

Cette décision a suscité de vives réactions, notamment de la part des autorités sénégalaises et de nombreux observateurs du football africain.

Les arguments juridiques du recours sénégalais

Le Sénégal a décidé de saisir le Tribunal arbitral du sport (TAS) pour contester cette décision. Le recours s’appuie sur deux axes principaux :

  • L’interprétation des articles 82 et 84 des règlements CAN : le Sénégal estime que son retrait n’équivaut pas à un forfait, mais à une protestation temporaire contre des décisions arbitrales jugées injustes.
  • La compétence exclusive de l’arbitre : selon les principes de la FIFA, seul l’arbitre est habilité à arrêter définitivement un match. Le Sénégal argue que le Jury d’Appel de la CAF a outrepassé ses prérogatives en requalifiant l’incident en forfait après coup.

Le TAS, saisi le 25 mars 2026, devra trancher en appliquant en priorité les règlements de la CAF et de la FIFA, subsidiairement le droit suisse. Cette procédure est similaire à celle suivie dans des affaires antérieures, comme celle opposant la Fédération sud-africaine de football à la CAF, où le TAS avait confirmé la décision initiale.

Quelles suites attendre de ce litige ?

Le recours sénégalais, bien que suspensif, ne stoppe pas immédiatement l’exécution de la décision de la CAF. Plusieurs étapes sont à prévoir :

  • La recevabilité de la requête : le Sénégal a demandé la suspension du délai de dépôt de son mémoire en attendant la notification de la décision motivée de la CAF.
  • L’examen au fond : le TAS devra déterminer si le retrait des Sénégalais constitue un forfait au sens des règlements. Une interprétation extensive de ces dispositions pourrait être contestée.
  • Les conséquences possibles : le TAS pourrait soit confirmer la décision de la CAF, soit l’annuler et rétablir le résultat initial. Une issue incertaine qui dépendra de l’appréciation des arbitres spécialisés.

Cette affaire soulève des questions fondamentales sur l’équilibre entre les décisions arbitrales en temps réel et le pouvoir disciplinaire des instances sportives. Elle pourrait avoir des répercussions majeures sur la gestion des litiges dans le football africain.