Dans un contexte où les économies ouest-africaines subissent les contrecoups des instabilités monétaires et des dépendances extérieures, une question cruciale émerge : comment mobiliser l’épargne locale pour construire une souveraineté financière durable ? Ce défi a été au cœur des débats de la 2ᵉ édition du salon régional de l’actionnariat, tenue à Cotonou, où experts, dirigeants et institutionnels ont exploré des solutions concrètes pour transformer les ressources dormantes en leviers de développement.
Une mobilisation insuffisante : le défi de captation de l’épargne ouest-africaine
Malgré une croissance soutenue dans l’espace UEMOA, les marchés financiers peinent à attirer l’épargne domestique. Pourtant, cette manne pourrait financer des infrastructures vitales ou soutenir les PME locales. Le paradoxe réside dans l’absence de culture boursière et la prédominance de placements traditionnels, comme l’immobilier ou les dépôts bancaires à court terme, qui ne contribuent pas à l’investissement productif.
Les freins structurels à l’investissement local
Plusieurs obstacles entravent cette transition : une méconnaissance généralisée des mécanismes boursiers, des barrières administratives pour les entreprises souhaitant s’introduire en Bourse, ou encore l’absence de politiques fiscales incitatives. Les régulateurs, conscients de ces lacunes, pointent aussi l’urgence de renforcer la transparence des marchés pour gagner la confiance des épargnants.
Les pistes concrètes pour activer l’épargne locale
Pour inverser cette tendance, les participants au salon ont mis en avant des mesures phares :
- Démocratiser l’actionnariat populaire : Sensibiliser les citoyens à l’importance d’investir dans des actifs productifs, via des campagnes d’éducation financière et des outils accessibles.
- Simplifier l’accès aux marchés de capitaux : Faciliter les introductions en Bourse pour les PME et dynamiser la BRVM, la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières, en modernisant ses processus.
- Renforcer l’inclusion numérique : Développer des plateformes digitales pour démocratiser l’investissement et offrir des solutions adaptées aux jeunes et aux entrepreneurs.
- Adapter les cadres réglementaires : Harmoniser les dispositifs fiscaux entre les États membres de l’UEMOA pour orienter l’épargne vers le financement long terme des économies.
L’UEMOA face à un choix historique : autonomie ou dépendance ?
Les représentants de la BCEAO, de la Commission de l’UEMOA et de l’Autorité des marchés financiers ont rappelé que l’enjeu dépasse le simple cadre économique : il s’agit d’une question de résilience africaine. En mobilisant davantage l’épargne locale, les États et les entreprises réduisent leur vulnérabilité face aux chocs externes, comme les crises monétaires ou les reflux de capitaux internationaux.
Les travaux du salon ont conclu sur la nécessité d’une mobilisation collective : chaque épargnant ouest-africain, en devenant acteur de son développement, contribue à bâtir un avenir où la croissance est financée par et pour les citoyens de la région.
