Coupe d’Afrique des nations 2032 : le Burkina Faso, le Mali et le Niger en lice

La Confédération africaine de football a validé la candidature conjointe du Burkina Faso, du Mali et du Niger pour organiser la Coupe d’Afrique des nations (CAN) en 2032. Une avancée symbolique pour ces trois nations de l’Alliance des États du Sahel (AES), désormais engagées dans une course contre la montre pour démontrer leur capacité à accueillir l’événement.

C’est lors d’une rencontre à New York, en marge d’événements internationaux, que l’avenir sportif du Burkina Faso, du Mali et du Niger a pris un tournant décisif. Réunis avec le président de la CAF, les dirigeants des fédérations des trois pays — le colonel Oumarou Sawadogo, Mahamadou Cissé et Issaka Adamou — ont obtenu la validation officielle de leur déclaration d’intérêt pour l’organisation de la CAN 2032. Cette confirmation, rendue publique peu après, marque une étape administrative essentielle avant l’évaluation technique des dossiers.

Une validation administrative, pas une garantie d’organisation

Sur le plan réglementaire, l’obtention de cette validation reste une formalité. Conformément aux exigences de la CAF, les trois fédérations ont rempli les conditions préalables pour déposer leur candidature. Cette étape leur permet de poursuivre le processus, mais n’assure en rien une attribution finale. Selon les règles en vigueur, la faisabilité technique — infrastructures, sécurité et logistique — sera déterminante lors des prochaines phases d’évaluation.

Une stratégie à long terme pour la CAF

En lançant simultanément les appels à candidatures pour les CAN 2028, 2032 et 2036, la Confédération africaine de football cherche à anticiper l’avenir de sa compétition phare. Cette approche permet aux fédérations candidates de disposer d’un délai suffisant pour préparer des dossiers robustes, en tenant compte des défis propres à chaque région. Pour le Sahel, l’enjeu est de taille : démontrer que trois pays peuvent s’unir pour offrir une organisation à la hauteur des standards internationaux.

À ce stade, aucune date n’a encore été fixée pour la décision finale concernant la CAN 2032. Les experts de la CAF devront analyser en profondeur les capacités des trois nations à répondre aux exigences techniques et sécuritaires, un processus qui s’annonce exigeant.

Un précédent est-africain pour inspirer le Sahel

La coorganisation de la CAN entre plusieurs pays n’est pas une première pour la CAF. Le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie ont déjà été désignés pour accueillir ensemble l’édition 2027. Ce modèle tripartite pourrait servir de référence pour le trio Burkina Faso–Mali–Niger, leur permettant de mutualiser les ressources et de partager les investissements nécessaires. Une approche pragmatique qui limite les risques financiers tout en renforçant la coopération régionale.

Le président de la CAF a salué cette initiative, soulignant son caractère visionnaire. Dans un communiqué, il a rappelé l’importance de respecter les procédures tout en encourageant les synergies entre les nations candidates.

Football et diplomatie : un duo stratégique pour l’AES

Cette candidature s’inscrit dans un contexte géopolitique plus large. Depuis leur retrait de la CEDEAO, les régimes militaires du Burkina Faso, du Mali et du Niger multiplient les initiatives communes pour affirmer leur autonomie. L’organisation d’un événement sportif majeur comme la CAN 2032 pourrait offrir à l’Alliance des États du Sahel une visibilité internationale inédite, à un moment où la région fait face à des défis sécuritaires persistants. Les récentes attaques au Niger et au Mali, condamnées par l’Union africaine, rappellent l’urgence de renforcer la stabilité dans la zone.

Pour la CAF, la solidité du dossier sahélien dépendra de deux critères principaux : la sécurité des participants et des spectateurs, ainsi que la qualité des infrastructures disponibles. Les prochains mois seront décisifs pour évaluer si le projet est réalisable et conforme aux attentes de la Confédération.

L’essentiel à retenir

La validation obtenue le 18 juillet ne représente qu’une étape préliminaire. Les fédérations du Burkina Faso, du Mali et du Niger doivent désormais s’atteler à la préparation d’un dossier technique irréprochable, en collaboration avec leurs gouvernements. Le calendrier exact pour la décision finale reste à préciser, mais une chose est sûre : la CAN 2032 pourrait devenir bien plus qu’un simple tournoi. Elle pourrait incarner la capacité du Sahel à transformer son unité politique en une vitrine internationale, prouvant que la résilience africaine sait aussi se mesurer sur le terrain sportif.