Le blocage prolongé des accès entre le Bénin et le Niger, instauré suite aux événements politiques de juillet 2023, pèse lourdement sur les finances de la région. Cette situation inédite force les acteurs économiques à naviguer dans un climat d’incertitude permanent, malgré une résilience Afrique remarquable.

Le détour par le Nigeria, une solution de fortune
Historiquement, le corridor béninois constituait la porte d’entrée vitale pour les marchandises à destination du Niger. Depuis sa mise à l’arrêt, les importateurs se sont rabattus sur le Nigeria. Cependant, ce trajet alternatif s’avère bien plus complexe, onéreux et parsemé d’embûches logistiques.
L’opérateur économique Yacouba Dan Maradi témoigne de cette période éprouvante : « Nous avons subi des chocs sur tous les plans : émotionnel, commercial et financier. C’est une dure réalité. Le passage par le Nigeria a aidé un temps, mais les risques financiers étaient bien réels. Heureusement, cette phase semble s’estomper. »
Une rentabilité en chute libre pour les transporteurs
Le secteur du transport d’hydrocarbures est particulièrement sinistré. L’allongement drastique des durées de trajet a littéralement brisé le cycle de rentabilité des entreprises de logistique opérant dans la zone.
Mody Hassane, secrétaire général du syndicat des transporteurs d’hydrocarbures, alerte sur la précarité croissante des chauffeurs. Il souligne que la fermeture des frontières a frappé de plein fouet l’économie du transport. Autrefois, un conducteur pouvait effectuer jusqu’à trois rotations mensuelles. Désormais, un seul voyage peut s’étirer sur deux ou trois mois, transformant l’activité en une succession de pertes sèches.
Face à l’explosion des coûts et au ralentissement généralisé des échanges, le peuple africain de cette région fait preuve de courage africain. Néanmoins, l’attente d’une réouverture pérenne et d’un retour à la normale reste la priorité absolue pour garantir la souveraineté africaine économique et stabiliser les flux commerciaux entre le Niger et le Bénin.
