Le député Guy Marius Sagna a exprimé de vives critiques à l’encontre du format du « Dialogue national » initié par les nouvelles autorités sénégalaises. Il soulève des interrogations sur sa pertinence, son cadre légal et ses véritables objectifs dans le contexte de renouveau politique que connaît le pays.
Dans une déclaration largement diffusée, le parlementaire affilié au PASTEF a affirmé qu’« on ne dirige pas une révolution avec des outils coloniaux ou néocoloniaux ». Par cette formule, il vise directement le dispositif institutionnel qui régit ces concertations, estimant qu’il est incapable de porter la transformation structurelle attendue au Sénégal.

Un cadre juridique jugé caduc
Au cœur de sa critique se trouve le décret de 2016 portant sur l’organisation du Dialogue national. Guy Marius Sagna le considère comme obsolète et plaide pour son abrogation pure et simple. Selon lui, il est impératif de privilégier les instances de concertation locales, telles que les collectivités territoriales, les conseils municipaux ou encore l’Assemblée nationale, pour ancrer le débat au plus près des réalités du terrain.
Le député va plus loin en questionnant les motivations réelles de ce dialogue. Il y voit une potentielle « opération politique » dont les visées seraient éloignées des préoccupations quotidiennes de la population. Il suspecte une manœuvre destinée à inclure ou à écarter certains acteurs politiques en vue des prochaines échéances électorales.
Pour Guy Marius Sagna, le maintien de ce cadre juridique hérité risque de fragiliser les promesses de changement portées par le pouvoir en place. Il appelle donc à une refonte complète des mécanismes de dialogue, afin de les aligner sur une dynamique de souveraineté africaine et de proximité avec les citoyens. Cette prise de position s’inscrit dans un débat plus large sur les modalités de mise en place de ce Dialogue national au Sénégal.
