Diplomatie Bénin-Niger : l’arrivée de Romuald wadagni pourrait relancer les échanges

Le nouveau président béninois Romuald Wadagni pourrait-il rétablir les liens avec le Niger ?

Les autorités nigériennes adoptent une posture plus conciliante à l’égard du futur gouvernement béninois. À l’approche de l’investiture de Romuald Wadagni, prévue pour mai 2026, le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a évoqué la possibilité d’une reprise du dialogue avec Cotonou. Cette déclaration survient après des années de tensions diplomatiques et économiques entre les deux pays voisins.

Lors d’une intervention télévisée sur la chaîne publique nigérienne RTN, Bakary Yaou Sangaré a souligné l’absence actuelle de contacts officiels avec les nouvelles autorités béninoises. Cependant, il a exprimé l’espoir d’une amélioration des relations bilatérales, à condition que des gestes concrets soient posés par le Bénin.

« Nous serions ravis si le gouvernement béninois de Romuald Wadagni s’engageait dans cette voie », a-t-il déclaré, tout en insistant sur la nécessité d’un retour à la confiance mutuelle.

Des relations fortement dégradées depuis 2023

Les tensions entre le Bénin et le Niger se sont intensifiées après le coup d’État de juillet 2023, qui a porté le général Abdourahamane Tiani au pouvoir. Depuis cette date, la frontière terrestre entre les deux pays reste fermée, perturbant significativement les échanges commerciaux.

La situation s’est encore aggravée en janvier 2026 avec des expulsions réciproques de diplomates et la suspension des activités de l’ambassade du Bénin à Niamey. Niamey accuse régulièrement Cotonou d’abriter des opposants au régime militaire nigérien, une allégation fermement rejetée par le gouvernement béninois.

Le pipeline pétrolier et la frontière : deux points de friction majeurs

Les désaccords ne se limitent pas à des questions politiques. Les deux pays sont également divisés sur des enjeux économiques stratégiques. Le pipeline pétrolier géré par Wapco, qui permet l’exportation du pétrole nigérien via le port béninois de Sèmè-Kpodji, reste un sujet de discorde.

La fermeture prolongée de la frontière terrestre continue de peser lourdement sur les économies des deux pays, affectant aussi bien les populations que les opérateurs économiques des deux côtés de l’axe Niamey-Cotonou.

Romuald Wadagni face à un défi diplomatique de taille

L’élection de Romuald Wadagni en avril 2026 et sa prise de fonction prévue pour le 24 mai pourraient marquer un tournant dans les relations bénino-nigériennes. À Niamey, les déclarations de Bakary Yaou Sangaré sont interprétées comme un signal encourageant, mais conditionné à des actions concrètes de la part du nouveau gouvernement béninois.

Une tentative de médiation régionale avait été envisagée en 2025, impliquant les deux gouvernements ainsi que d’anciens chefs d’État béninois, sans aboutir à un accord. Pour Romuald Wadagni, la normalisation des relations avec le Niger constitue l’un des premiers défis diplomatiques de son mandat.

Un dégel des relations entre les deux pays permettrait non seulement de relancer les échanges économiques en Afrique de l’Ouest, mais aussi de renforcer la coopération sécuritaire dans une région du Sahel marquée par une instabilité croissante.