Félix Tshisekedi exige la fin immédiate de la militarisation illégale des mines en RDC

Une directive présidentielle pour assainir le secteur minier congolais

La République démocratique du Congo, riche en minerais stratégiques comme le cobalt et le cuivre, voit son secteur minier miné par des pratiques illégales. Face à cette situation, le président Félix Tshisekedi a pris une position ferme lors de la 94ᵉ réunion du Conseil des ministres, tenue à la Cité de l’Union africaine. Il a exigé l’arrêt immédiat de toute militarisation illégale des sites d’exploitation minière à travers le pays.

Des enjeux économiques et sécuritaires majeurs

Lors de cette réunion, le Chef de l’État a rappelé que le secteur minier constitue un pilier essentiel du développement économique de la RDC. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la gouvernance, la transparence et la crédibilité de ce secteur sur la scène internationale. Cependant, la présence récurrente de militaires et d’éléments de la Police nationale congolaise (PNC) sur les sites miniers, en dehors des missions légales, menace gravement cette crédibilité.

Félix Tshisekedi a souligné que ces agissements entraînent des conséquences désastreuses :

  • Des perceptions négatives sur la gestion des ressources naturelles congolaises.
  • Un affaiblissement des mécanismes de contrôle et une augmentation des circuits illicites.
  • Des actes d’intimidation et des extorsions envers les opérateurs miniers et les communautés locales.
  • Une perturbation des chaînes d’approvisionnement et une remise en cause de la traçabilité des minerais.
  • Le développement de réseaux de fraude et de contrebande favorisant l’enrichissement illicite.

Pour le Président, ces dérives portent atteinte à l’autorité de l’État, à l’image du pays et à la confiance des investisseurs nationaux et internationaux.

Des instructions claires et immédiates

Félix Tshisekedi a donné des ordres précis aux plus hautes autorités du pays :

  • Le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières.
  • Le vice-Premier ministre, ministre de la Défense nationale et Anciens combattants.
  • Le chef d’état-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
  • Le commissaire général de la Police nationale congolaise (PNC).

Ces autorités doivent prendre sans délai toutes les mesures nécessaires pour mettre fin à la militarisation illégale des sites miniers. Les actions à mener incluent :

  • Le retrait immédiat des militaires et policiers présents illégalement sur les sites miniers.
  • La cessation de toute ingérence des forces de défense et de sécurité dans les activités minières.
  • La sécurisation des sites conformément au cadre légal en vigueur.
  • Le démantèlement des réseaux de fraude et d’exploitation minière illégale soutenus ou protégés par des hommes en uniforme.
  • L’application de sanctions exemplaires contre les responsables de ces agissements.

Un rappel historique et des mesures complémentaires

Cette directive n’est pas une première. En 2022, le gouvernement avait déjà ordonné le retrait des militaires et policiers des carrières artisanales après des dénonciations répétées d’irrégularités. À l’époque, des militaires et policiers, parfois sans mission officielle, occupaient les sites miniers, facilitant ainsi des pratiques frauduleuses, notamment au profit d’opérateurs étrangers.

En complément des instructions données lors de la 87ᵉ réunion du Conseil des ministres, Félix Tshisekedi a également appelé à renforcer les mécanismes de contrôle, de certification et de traçabilité des minerais. L’objectif est de garantir la conformité aux exigences nationales et internationales tout en préservant les droits des opérateurs légaux et des communautés locales.

Cette décision s’inscrit dans une volonté plus large de restaurer la confiance dans le secteur minier congolais et de positionner la RDC comme un acteur responsable sur le marché mondial des minerais stratégiques.

Cobalt brut dans une mine en RDC