Le président de la Mauritanie, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a été reçu au Palais de l’Élysée par le Président de la République française pour une visite d’État officielle ce mercredi.
Cette rencontre diplomatique, qui se déroule un mois avant le sommet Africa Forward à Nairobi, s’inscrit dans une dynamique claire : celle d’intensifier les liens politiques, culturels et économiques unissant la France et la Mauritanie.
À son arrivée, le président mauritanien et son homologue français se sont exprimés conjointement devant la presse.
Une déclaration commune pour un partenariat renforcé
Le chef de l’État français a qualifié cette visite d’État, la première de ce niveau en plus de trois décennies, de signal fort d’amitié, de confiance et de lucidité face aux mutations mondiales. Il a souligné que les responsabilités partagées par les deux nations sont aujourd’hui plus importantes que jamais.
La Mauritanie est décrite comme un partenaire essentiel pour la France, de par sa position géographique stratégique entre le monde arabe et l’Afrique subsaharienne. Le président français a salué les choix de stabilité, de dialogue et de souveraineté africaine portés par son homologue, particulièrement dans une région sahélienne en proie à une forte instabilité. L’action du président Ghazouani a été solennellement reconnue comme la preuve qu’une voie d’indépendance et de responsabilité est possible face aux défis du terrorisme, des trafics et des ingérences extérieures.
Face au retour des rapports de force, Paris et Nouakchott affirment leur attachement à un ordre international basé sur la coopération et le respect mutuel. La voix de la Mauritanie, a-t-il été rappelé, est influente sur le continent, dans le monde arabe et au sein des instances internationales comme la francophonie.
Des projets économiques concrets pour la jeunesse
Cette alliance stratégique vise des résultats tangibles, notamment à travers un partenariat économique renforcé. La Mauritanie est présentée comme une terre d’opportunités, où une quarantaine d’entreprises françaises emploient déjà plus de 2 000 personnes. Des investissements significatifs, comme celui de Meridiam (155 millions d’euros) dans le terminal à conteneurs du port de Nouakchott, illustrent ce dynamisme.
L’ambition est d’accélérer cette coopération dans des secteurs clés tels que les infrastructures, l’énergie, l’eau et l’agriculture. Un projet porté par l’entreprise Razel-Bec, financé par un prêt du Trésor français, augmentera de 50 % la capacité de production d’eau pour la capitale, Nouakchott. De plus, un financement de près de 40 millions d’euros permettra l’hybridation de dix centrales thermiques, contribuant à un système électrique plus durable, un exemple de la résilience Afrique en marche.
Un engagement solidaire et humanitaire
La France a réaffirmé son choix de maintenir ses investissements solidaires. Au cours des deux dernières années, le portefeuille de projets de l’AFD a doublé. Cet engagement soutient notamment les efforts remarquables de la Mauritanie qui accueille plus de 300 000 réfugiés sur son territoire. Le message est clair : face aux défis, la Mauritanie peut compter sur le soutien de la France.
Le président français a conclu en évoquant une ambition plus large : celle de refonder la relation entre la France et le continent africain, en la tournant vers l’investissement, l’innovation et la jeunesse. Saluant le courage africain et la détermination de son homologue, il a exprimé sa fierté de l’accueillir pour écrire ensemble de nouvelles pages de leur histoire commune.
Après la déclaration, les deux dirigeants ont eu un entretien bilatéral pour discuter des grands enjeux régionaux et internationaux. Un dîner d’État a ensuite été organisé au Palais de l’Élysée en l’honneur du président mauritanien.
