Quatre frappes aériennes ont été lancées dans la nuit de mercredi à jeudi sur la ville de Kidal, au Mali, occasionnant des dégâts matériels importants. Un habitant de la ville, ayant requis l’anonymat, rapporte qu’une des bombes a pulvérisé une habitation près d’un ancien marché, tandis qu’une autre a creusé un profond cratère au cœur de la cour du gouvernorat. Ces frappes surviennent après la reprise de Kidal par le Front de libération de l’Azawad (FLA), en alliance avec le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), branche sahélienne d’Al-Qaïda dirigée par Iyad Ag Ghaly.
Un officier de l’armée malienne, basé à Mopti dans le centre du pays, a révélé sous couvert d’anonymat : « Nous ciblons des objectifs militaires précis. Notre stratégie est claire. Les opérations vont s’intensifier dans les prochains jours. »
Kidal, ville fantôme après les frappes
Kidal, ville clé du Nord malien, affichait un calme inhabituel jeudi matin. Peu de véhicules circulaient, et plusieurs habitants ont confirmé avoir vu de nombreux habitants quitter la ville pendant la nuit, laissant planer un sentiment d’incertitude et de tension.
La situation sécuritaire au Mali s’est fortement dégradée ces dernières semaines. Les attaques coordonnées sans précédent menées par les groupes jihadistes du Jnim et la rébellion touarègue du FLA ont ciblé des positions stratégiques de la junte à Bamako, plongeant le pays dans une crise profonde.
Le FLA étend son influence dans le Nord
Lors de leur récente offensive, le FLA et le Jnim ont pris le contrôle de Kidal, la plus grande ville du Nord, après des combats d’une rare violence. Le FLA, mouvement indépendantiste dominé par les Touaregs et incluant des communautés arabes, revendique l’ensemble du territoire de l’Azawad, une région couvrant les régions administratives de Kidal, Gao, Ménaka et Tombouctou.
Les Touaregs mènent des luttes armées depuis des décennies pour dénoncer leur marginalisation, avec Kidal comme épicentre de leurs revendications. Leur objectif affiché ? Conquérir les grandes villes du Nord malien et imposer leur vision d’un territoire autonome.
