Frappes de l’armée tchadienne contre Boko Haram : des pêcheurs nigérians tués par erreur ?

Suite aux attaques meurtrières menées par les groupes djihadistes de Boko Haram contre la base militaire de Barka Tolorom au Tchad, l’armée de l’air tchadienne a riposté en ciblant des positions stratégiques dans la région du lac Tchad. Ces frappes aériennes, survenues le 4 mai, visaient principalement des zones contrôlées par les insurgés, notamment près des frontières entre le Nigeria, le Niger et le Tchad.

Selon les informations relayées par Africa Radio, les avions de chasse tchadiens ont concentré leurs tirs sur des îles situées dans le lac Tchad, dont l’île de Shuwa, réputée comme un bastion djihadiste et un lieu de pêche important pour les populations locales. Cependant, des sources locales évoquent une tragique erreur d’appréciation : “Au moins 40 pêcheurs nigérians auraient péri noyés lors des bombardements, selon un responsable du syndicat des pêcheurs du lac Tchad.”

Un bilan humain dramatique et des zones à haut risque

La majorité des victimes proviendraient de la ville de Doron Baga, située sur les rives nigérianes du lac Tchad. Cette localité avait déjà été le théâtre d’un massacre en 2015, où plus de 2 000 personnes avaient trouvé la mort. Les frappes aériennes, bien que visant des cibles militaires, auraient ainsi causé la disparition de civils innocents, plongeant les communautés locales dans l’effroi.

Les autorités nigérianes, dont l’armée est régulièrement pointée du doigt pour des bombardements ayant fait des victimes civiles, n’ont pas encore réagi officiellement à ces allégations. Pourtant, ces événements soulèvent des questions sur la précision des opérations militaires dans une région déjà fragilisée par des années de conflit.