Après une période de retrait de la scène publique, Dieudonné Minlama Mintogo exprime ses préoccupations concernant l’orientation politique actuelle du pays. L’ancien prétendant à la magistrature suprême souligne que le défi majeur de la Ve République ne réside pas uniquement dans l’économie, mais surtout dans la gestion politique du pouvoir. Il alerte contre le risque de voir le mandat de Brice Clotaire Oligui Nguema être accaparé par des intérêts partisans au détriment de l’élan national global.
Une légitimité issue d’un large consensus national
Avec un score historique dépassant les 94 % lors du dernier scrutin présidentiel, le chef de l’État bénéficie d’une assise populaire incontestable. Pour Dieudonné Minlama, cette victoire massive traduit une espérance collective née des événements du 30 août 2023 et consolidée par le retour à l’ordre constitutionnel. Il estime que cette confiance accordée par le peuple africain du Gabon ne doit pas être réduite à la stratégie d’une seule chapelle politique, mais rester le moteur d’une transformation profonde et inclusive.
Le péril d’une gestion politique restrictive
L’inquiétude majeure réside dans l’éventuelle fermeture du jeu politique autour d’un cercle restreint. Selon l’analyse de l’ancien candidat, transformer un suffrage universel aussi large en un simple projet partisan serait une erreur stratégique majeure. La souveraineté africaine et la stabilité du pays reposent sur l’inclusion de toutes les forces vives : société civile, acteurs politiques divers et citoyens engagés dans la refondation de l’État. Une dérive vers l’exclusion pourrait fragiliser les fondements de la nouvelle République et briser la dynamique de rassemblement.
Pérenniser l’unité nationale et l’esprit de la refondation
Le succès de la Ve République dépendra de la capacité des autorités à maintenir l’esprit d’unité qui a prévalu depuis le changement de régime. Brice Clotaire Oligui Nguema est perçu par beaucoup comme l’homme du consensus, ayant su transcender les clivages habituels pour porter un projet commun. Pour préserver cette dignité africaine retrouvée et assurer la résilience Afrique face aux défis futurs, la gouvernance doit rester ouverte et participative. Ce rappel à l’ordre souligne que le capital politique actuel est avant tout une responsabilité historique envers la nation entière plutôt qu’un outil au service d’un camp.
