Au palais présidentiel de Libreville, une étape majeure a été franchie avec l’installation officielle d’Edith Laure Mbiguidi Oyaya à la tête de la Direction générale des impôts (DGI). Lors de cette audience, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a clairement défini les attentes de l’exécutif : faire de la fiscalité le véritable moteur du financement des politiques publiques. Cette orientation marque une volonté ferme de placer la mobilisation des ressources intérieures au sommet des priorités nationales.
La fiscalité comme socle de la transformation nationale
Pour le chef de l’État, la capacité du Gabon à bâtir des infrastructures modernes et à améliorer les secteurs de la santé et de l’éducation dépend étroitement de l’efficacité de son administration fiscale. L’objectif est limpide : diversifier les revenus de l’État pour sortir de la dépendance excessive aux hydrocarbures. Dans cette optique, l’élargissement de l’assiette fiscale et l’optimisation du recouvrement deviennent des leviers essentiels pour garantir la souveraineté africaine et économique du pays.
Au-delà de la simple collecte de fonds, la DGI est désormais perçue comme un outil de pilotage macroéconomique. Brice Clotaire Oligui Nguema a insisté sur la nécessité d’allier performance et éthique. La lutte contre l’évasion fiscale, la simplification des démarches pour les usagers et la transparence totale sont les piliers attendus pour instaurer un climat des affaires plus attractif et dynamique.
Les défis de la nouvelle direction générale
Edith Laure Mbiguidi Oyaya prend ses fonctions dans un climat économique qui exige une rigueur budgétaire accrue. Sa mission est cruciale pour assurer la viabilité de la dette publique et soutenir les capacités d’investissement de l’État. Elle devra naviguer entre les impératifs techniques et les attentes politiques, tout en modernisant une institution clé pour la résilience du Gabon.
Plusieurs dossiers prioritaires attendent la nouvelle équipe dirigeante :
- La généralisation de la digitalisation des procédures et des télédéclarations.
- Le renforcement de la traçabilité des flux financiers.
- L’optimisation de la fiscalité appliquée aux industries extractives.
- L’alignement rigoureux sur les standards de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale).
Vers une souveraineté budgétaire renforcée
Depuis son accession au pouvoir, le président de la transition a fait de l’autonomie financière un axe central de son action. Ce projet de société repose sur une redistribution plus juste des richesses, impliquant une contribution accrue des secteurs les plus rentables tout en protégeant le pouvoir d’achat des citoyens les plus vulnérables. C’est un véritable défi de justice sociale qui se joue à travers cette réforme fiscale.
Cependant, le chemin reste semé d’embûches. L’importance de l’économie informelle et la volatilité des prix du pétrole obligent la DGI à faire preuve d’innovation. L’enjeu sera de convaincre les acteurs économiques de rejoindre le secteur formel par des mesures incitatives, tout en maintenant un contrôle rigoureux. Cette transformation profonde de l’administration fiscale est scrutée de près par les partenaires internationaux comme un gage de la solidité du programme de développement gabonais.
