Gabon : SONOCO impulse une révolution dans l’agroalimentaire local
Le Gabon franchit une étape majeure dans sa quête d’autonomie économique avec l’arrivée du géant guinéen SONOCO dans le secteur agroalimentaire. Lors d’une rencontre à Libreville avec le président Brice Clotaire Oligui Nguema, le directeur général du groupe, Abdoul Karim Diallo, a concrétisé un projet ambitieux né lors du Forum de Kigali : développer une filière locale intégrée pour réduire la dépendance aux importations.
Cette initiative s’inscrit dans une vision plus large de souveraineté productive et de coopération économique africaine. SONOCO, déjà reconnu comme un acteur clé en Afrique de l’Ouest, apporte une réponse concrète aux défis de sécurité alimentaire qui pèsent sur le continent.
Un projet agroalimentaire stratégique pour l’autosuffisance
Le choix de l’agroalimentaire n’est pas anodin. Malgré un potentiel agricole immense, le Gabon importe encore une part significative de ses produits avicoles, alourdissant sa balance commerciale. Le projet porté par SONOCO vise à inverser cette tendance en mettant en place une chaîne de valeur complète.
Le plan d’action prévoit la culture locale de matières premières pour l’alimentation animale, la construction d’une usine moderne de fabrication d’aliments pour volailles, ainsi que l’implantation de couvoirs, de poussinières, de fermes de ponte, d’élevages de poulets de chair et d’un abattoir industriel aux normes internationales. Cette approche intégrée garantit une meilleure efficacité économique tout en renforçant la résilience de la filière.
Des ambitions concrètes et un impact économique majeur
Avec une production annuelle estimée à plus de quinze millions de poulets de chair, le Gabon pourrait atteindre l’autosuffisance sur ce segment et réduire drastiquement ses importations. Les retombées ne se limiteront pas à la production alimentaire : le projet devrait générer plusieurs milliers d’emplois directs et indirects dans l’agriculture, l’élevage, l’industrie, la logistique et les services, à l’image de ce qui a été réalisé en Guinée où SONOCO emploie déjà près de quatre mille personnes.
Cette dynamique s’aligne parfaitement sur les objectifs des autorités gabonaises, qui misent sur la transformation locale et la création de valeur ajoutée pour stimuler une croissance durable. L’enjeu dépasse ainsi la simple production pour toucher à la souveraineté alimentaire et à l’industrialisation du pays.
Une coopération Sud-Sud qui redéfinit les échanges africains
Au-delà de ses implications économiques, ce partenariat incarne une nouvelle ère de coopération entre États africains. Alors que les pays du continent cherchent à renforcer leurs échanges intra-africains, cette alliance entre Libreville et Conakry illustre une Afrique qui investit en Afrique, partage ses expertises et construit ses propres chaînes de valeur.
Les démarches administratives et foncières sont désormais en cours avec les ministères concernés, et les premières infrastructures devraient voir le jour dans les prochains mois. Si le calendrier est respecté, ce projet pourrait rapidement devenir un symbole de la nouvelle politique économique gabonaise et un modèle de coopération Sud-Sud au service du développement africain.
Dans un contexte mondial marqué par les tensions sur les chaînes d’approvisionnement et l’urgence de renforcer les productions locales, cette initiative prend une dimension encore plus significative. Elle rappelle que la souveraineté économique de l’Afrique se joue autant dans ses ressources naturelles que dans sa capacité à nourrir durablement ses populations.
