Le Gabon trace sa voie vers la protection de ses écosystèmes
Libreville a récemment accueilli un événement marquant pour l’avenir environnemental du pays. À l’issue d’intenses journées de travail, les acteurs nationaux ont finalisé la Stratégie et le Plan d’Action Nationaux pour la Biodiversité (SPANB) 2022-2030. Ce document stratégique, fruit d’une collaboration entre experts et parties prenantes, constitue une avancée majeure pour le Gabon et ses richesses naturelles uniques.
Cette feuille de route écologique se donne pour mission de protéger au moins 30 % des terres, zones côtières et marines du pays. Elle incarne l’engagement gabonais à respecter les objectifs fixés par l’accord international de Kunming-Montréal, tout en renforçant la résilience des écosystèmes locaux. Parmi ses priorités figurent la conservation active des habitats naturels, la restauration des zones dégradées et la réduction des pressions exercées sur la biodiversité, telles que le braconnage, la déforestation ou encore la pollution.
Un outil au service de la préservation et du développement
Avec 88 % de son territoire recouvert de forêts et 13 parcs nationaux, le Gabon se positionne comme un acteur clé de la biodiversité africaine. La SPANB 2022-2030 s’impose donc comme un guide stratégique pour concilier exploitation des ressources et conservation, sans sacrifier les impératifs écologiques. Son adoption marque un tournant dans la gestion durable du patrimoine naturel gabonais.
Une fois validée par les autorités, cette stratégie sera soumise au Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique (CDB) pour une reconnaissance officielle à l’échelle mondiale. Mais au-delà des formalités, son succès dépendra de sa mise en œuvre effective sur le terrain.
Passer de l’ambition à l’action : un défi de taille
Mme Tsayi Mouvagha, en charge de la coordination de cette initiative, souligne l’importance de la phase suivante : « Rendre cette stratégie opérationnelle exige un effort collectif. Il faut désormais sensibiliser les administrations, les entreprises, les communautés locales et la société civile pour garantir son application concrète sur l’ensemble du territoire. »
Cependant, des obstacles persistent. Sans moyens financiers dédiés ni partenariats solides avec les collectivités et les acteurs économiques locaux, ce plan risque de rester lettre morte. La réussite de cette feuille de route repose donc sur une mobilisation sans précédent de tous les secteurs de la société gabonaise.
Une chose est sûre : le Gabon a posé les bases d’une gestion exemplaire de sa biodiversité. À lui maintenant de transformer cette ambition en réalité tangible pour les générations futures.
