Général Bertin Bada : 43 ans de service, l’hommage à un soldat d’exception

Quarante-trois ans. C’est le temps qu’aura passé le Général d’armée aérienne Bertin Bada à veiller sur la sécurité du Bénin. En prenant sa retraite, ce pionnier ne tourne pas seulement une page personnelle ; il clôt un chapitre entier de l’histoire des Forces armées béninoises (FAB).

Enrôlé au début des années 1980, ce pilote chevronné et instructeur de haut niveau s’est imposé au fil des décennies comme un pilier du dispositif sécuritaire national. Des cockpits de l’armée de l’air aux bureaux stratégiques du Cabinet militaire de la présidence, il a incarné une doctrine rare : une loyauté inébranlable envers les institutions démocratiques.

L’exemple de la rectitude républicaine

Dans une sous-région souvent secouée par les turbulences, le parcours du Général Bada illustre que la véritable grandeur d’un soldat réside dans son respect des lois de la République. Reconnu pour sa rigueur morale et son intégrité de gestionnaire, il a gravi tous les échelons avec méthode.

De Chef d’État-Major de l’armée de l’air à Directeur du cabinet militaire sous Patrice Talon, sa récente nomination comme Conseiller à la Défense et à la Sécurité par le président Romuald Wadagni a couronné cette expertise. En février 2026, il est entré dans l’histoire en devenant le tout premier officier supérieur à recevoir la constellation de cinq étoiles depuis l’indépendance du pays. Une distinction historique qui salue à la fois le technicien de l’air et le serviteur infatigable de l’État.

Le drame du 7 décembre 2025 : un sacrifice pour la République

Mais cette vie de droiture a été heurtée par la violence de ceux qui ont cherché à déstabiliser la Nation. Dans la nuit tragique du 6 au 7 décembre 2025, alors qu’un groupe de mutins tentait de renverser le régime républicain, le domicile du général a été pris pour cible.

C’est lors de cette agression lâche que son épouse, Berthe Kougblénou (Bada), a été mortellement touchée. Compagne de route depuis 1982, elle a succombé en première ligne, victime collatérale de la haine de factieux qui visaient, à travers son époux, les fondements de la démocratie béninoise. « Elle s’est éteinte dans l’intérêt de la République », ont déclaré les plus hautes autorités judiciaires et constitutionnelles lors des hommages officiels. Pour le général, ce deuil cruel n’a en rien diminué son engagement. Dignitaire blessé mais debout, il a continué à servir, transformant sa douleur intime en un ultime sacrifice pour la patrie.

L’héritage d’un chef des airs

Alors qu’il quitte définitivement l’uniforme pour une retraite bien méritée, Bertin Bada laisse des forces aériennes modernisées et une nouvelle génération d’officiers formés à l’école de la rectitude.

À l’heure du bilan, l’histoire retiendra de lui l’image d’un soldat au sens le plus noble du terme : un homme qui a tout donné au Bénin, jusqu’à sa paix familiale, sans jamais dévier de son serment initial. L’armée perd un chef, mais la Nation garde un modèle.