Groupe armé M23 : le bilan meurtrier de juin dans l’est de la RDC

Le groupe armé M23 : un regain de violence meurtrière dans l’est de la République démocratique du Congo

Le Mouvement du 23 mars (M23), rebaptisé Alliance des Forces démocratiques (AFC), s’impose en juin comme le groupe armé le plus meurtrier dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Selon les dernières données du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST), au moins 114 civils ont péri sous ses attaques, marquant un pic de violence inédit depuis décembre 2025.

Ce rapport, publié récemment, révèle une recomposition inquiétante des dynamiques de violence dans la région. Si le nombre total d’incidents sécuritaires a légèrement diminué (247 en juin contre 305 en mai), cette baisse masque une intensification ciblée des exactions attribuées au M23.

Des offensives meurtrières dans les territoires de Masisi et Rutshuru

Les nouvelles offensives menées par l’AFC/M23 dans les territoires de Masisi et Rutshuru ont particulièrement ciblé les civils suspectés de collaboration avec les Wazalendo ou les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Parmi les épisodes les plus tragiques, le rapport du KST évoque la découverte de 48 corps dans le village de Bibwe, après une opération contre les FDLR. La majorité des victimes auraient succombé à des éclats d’obus.

Le bilan humain du M23 en juin s’élève à :

  • 114 civils tués,
  • 17 enlèvements enregistrés,
  • 46 affrontements armés initiés par le groupe, soit 40 % de l’ensemble des combats documentés.

Une situation contrastée dans les autres provinces

Si l’activité du M23 s’intensifie, d’autres groupes armés voient leur influence reculer. En Ituri, la Convention pour la révolution populaire (CRP) a réduit ses actions après avoir décrété un cessez-le-feu unilatéral en mai, dans l’optique de négociations avec le gouvernement sous médiation ougandaise.

Par ailleurs, la milice Codeco a annoncé sa transformation en un mouvement politico-militaire, une démarche visant à obtenir une reconnaissance politique et à apaiser ses divisions internes.

Les Forces démocratiques alliées (ADF) persistent dans l’horreur

Malgré ces évolutions, les Forces démocratiques alliées (ADF) continuent de semer la terreur. Le KST leur attribue 62 morts civils et 57 enlèvements en juin. Leur présence s’étend désormais au-delà de leurs bastions traditionnels, jusqu’à la province du Haut-Uele.

Cette escalade de la violence dans l’est de la RDC rappelle l’urgence d’une réponse coordonnée pour protéger les populations civiles et rétablir la stabilité dans la région.

Des personnes arrêtées par les rebelles de l’AFC/M23 à Goma