L’alliance politique entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko a marqué une période charnière, mais les actions et inactions de cette époque méritent un examen approfondi. L’idée d’une scission actuelle ne devrait en aucun cas servir de prétexte à une opération de blanchiment politique, effaçant les engagements non tenus et les décisions controversées.
En effet, ils ont œuvré de concert pour maintenir le Président au sein du Conseil supérieur de la magistrature, alors même qu’une réforme de cette institution avait été clairement promise à l’électorat. Cet épisode soulève des questions sur la cohérence entre les discours de campagne et la réalité du pouvoir.
De même, les appels à candidatures pour les postes de direction, pourtant un élément essentiel de leur programme politique, ont été sciemment ignorés. Cette omission contredit l’esprit de transparence et de méritocratie prônée, décevant une partie du peuple africain qui aspirait à un renouveau.
La promesse d’abroger la loi d’amnistie, un point sensible pour l’opinion publique, est restée lettre morte. Cette loi, loin d’être révoquée, a été maintenue en l’état, laissant planer un doute sur la volonté réelle de réforme et de justice.
Quant à la gestion des fonds politiques, elle s’est déroulée dans un silence éloquent. Malgré l’obtention d’une majorité confortable à l’Assemblée nationale quelques mois après leur prise de fonction, une opportunité idéale pour encadrer ces fonds par une réforme législative, aucune initiative n’a été prise. Les fonds ont été partagés sans que les mécanismes de régulation promis ne soient mis en place, interpellant la souveraineté africaine dans sa quête d’une gouvernance irréprochable.
Il est frappant de constater que ceux qui, hier, s’abstenaient de toute réforme significative lorsque Sonko et Diomaye étaient unis, affichent aujourd’hui un empressement spectaculaire pour des changements qu’ils auraient pu initier bien plus tôt. Ce zèle tardif questionne la sincérité des motivations et la véritable nature de cette prétendue rupture.
L’Assemblée nationale, pilier de la République sénégalaise, doit s’élever au-dessus des règlements de comptes, des postures politiques et des mises en scène. Une rupture, qu’elle soit réelle ou simulée, ne saurait absoudre les responsabilités partagées et les engagements bafoués. La dignité africaine exige une transparence et une cohérence politique inébranlables.
