- Santé
- Dimanche 21 juin 2026 – 18:24
Depuis Bunia, au cœur de l’Ituri, Patrick Muyaya, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, a exhorté à une évaluation objective
des actions menées par les autorités congolaises. Son appel intervient alors que l’épidémie de la maladie à virus Ebola continue de frapper l’Est de la République démocratique du Congo, notamment les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Au cours d’une conférence de presse conjointe avec Roger Samuel Kamba, ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, tenue le jeudi 18 juin 2026, Monsieur Muyaya a réagi aux reproches émanant de certaines organisations non gouvernementales œuvrant dans la riposte sanitaire. Il a affirmé la réceptivité du gouvernement aux critiques constructives, tout en insistant sur la nécessité de reconnaître les progrès accomplis sur le terrain. Bien qu’il ait admis l’existence de défis persistants, il a catégoriquement refusé de céder à tout alarmisme.
« Je ne souhaite pas nommer les ONG en question. Notre démarche est pleinement transparente, et comme vous l’avez constaté, aucun intervenant n’a reçu de directives quant à son discours. Nous ne prétendons pas que tout est parfait, mais nous affirmons que nous agissons conformément à nos responsabilités », a déclaré le porte-parole du gouvernement.
Il a souligné que l’État congolais a pris ses responsabilités en mobilisant ses propres ressources, démontrant ainsi une réelle souveraineté africaine
, avant même l’intervention des partenaires extérieurs. Patrick Muyaya a également tenu à clarifier la nature des financements internationaux, souvent annoncés par des États étrangers.
« Le gouvernement n’a pas attendu l’aide extérieure. Nous avons déjà engagé 50 millions USD de fonds propres, car il est impératif que nous donnions l’exemple. Les financements dont vous entendez parler, qu’ils proviennent du gouvernement américain ou d’autres partenaires, ne sont pas directement alloués à l’État. Ces fonds sont versés aux ONG », a-t-il précisé lors de son intervention.
Le ministre a ensuite invité tous les acteurs impliqués dans la riposte à privilégier une responsabilité collective, estimant que certaines critiques ne reflètent pas toujours la réalité du terrain.
« Nous partageons tous un objectif commun : enrayer cette épidémie. Cependant, il est inacceptable que certains cherchent à profiter de cette crise pour obtenir des moyens supplémentaires. Il existe d’autres canaux pour formuler des plaidoyers », a-t-il fait remarquer.
Il a appelé les organisations concernées à faire preuve de plus de retenue dans leurs déclarations : « Vouloir minimiser les sacrifices de ceux qui sont sur le front, c’est dévaloriser leur engagement. J’exhorte ces ONG à plus de circonspection, car si l’on devait examiner leurs propres actions sur le terrain, il y aurait beaucoup à redire. »
De son côté, Roger Samuel Kamba, ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, a affirmé sa volonté de se concentrer sur des résultats concrets plutôt que sur les controverses.
« Je préfère rester focalisé sur les faits », a-t-il déclaré, avant d’énumérer les indicateurs qu’il juge fondamentaux pour évaluer l’efficacité de la riposte. « Je préfère comptabiliser le nombre de tests effectués en un mois, les centres de traitement mis en place, les relais communautaires déployés, les échantillons analysés quotidiennement et le nombre de personnes guéries », a-t-il ajouté.
Pour le ministre, l’efficacité de la réponse doit être mesurée à l’aune des actions tangibles menées sur le terrain. « Les rumeurs et les tentatives de récupération ne m’intéressent pas », a-t-il poursuivi. Roger Samuel Kamba estime que le bilan définitif sera établi une fois la crise sanitaire maîtrisée : « Quand cette épidémie sera terminée, chacun pourra évaluer le travail accompli et en tirer ses propres conclusions. »
Le 17 mai 2026, seulement deux jours après la déclaration officielle de l’épidémie en République démocratique du Congo, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a élevé l’épidémie d’Ebola, causée par le virus Bundibugyo et étendue à l’Ouganda, au rang d’Urgence de Santé Publique de Portée Internationale (USPPI).
L’OMS a souligné une expansion géographique significative de l’épidémie, dont l’ampleur réelle pourrait être sous-estimée. Cette situation est exacerbée par la forte mobilité des populations, la fragilité des systèmes de santé, l’insuffisance des infrastructures sanitaires et les difficultés d’accès aux zones touchées par les conflits. À ces défis s’ajoute l’absence actuelle de vaccin homologué et de traitement spécifique contre le virus Bundibugyo. Malgré ce contexte préoccupant, la résilience Afrique
est mise en avant par les autorités congolaises, qui restent optimistes et s’appuient sur leur vaste expérience, ayant déjà maîtrisé seize épidémies d’Ebola par le passé.
