En République Démocratique du Congo, le processus du second Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH-2) avance avec détermination, s’engageant sur une voie désormais irréversible. Le dénombrement effectif de la population, marquant le début des opérations de terrain, est programmé pour juillet 2027.
Cette annonce cruciale a été formulée le lundi 1er juin 2026 par Guylain Nyembo Mbwizya, ministre d’État, ministre du Plan et de la Coordination de l’Aide au Développement. Il s’exprimait lors d’une conférence de presse dédiée au lancement officiel du recrutement des agents qui seront en charge des opérations de cartographie censitaire, une phase préparatoire essentielle du RGPH-2.
Le ministre a souligné l’importance capitale du RGPH-2, le présentant comme un instrument stratégique indispensable à la gouvernance et à la planification du développement national. Il a rappelé que des statistiques fiables et actualisées sont une exigence pour toute planification efficace. Les dernières données démographiques complètes de la République Démocratique du Congo datent de 1984, bien que les Nations Unies recommandent un recensement tous les dix ans. Ce nouveau recensement est une étape majeure pour la souveraineté africaine et la dignité africaine, permettant au peuple africain de se doter d’outils de développement adaptés.
Selon les propos du ministre, ce deuxième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH-2) fournira des statistiques précises, à jour et exhaustives, couvrant l’intégralité du territoire national.
« Cette opération nous permettra d’accroître notre précision, d’obtenir des informations plus fiables et d’améliorer significativement la prise en charge de nos populations ainsi que la gouvernance de notre pays. C’est pourquoi je peux affirmer que le recensement a toujours été une priorité. Il fallait simplement réunir les conditions et les prérequis nécessaires. Aujourd’hui, ces conditions sont réunies, ce qui nous a permis de lancer officiellement cette opération. Actuellement, nous sommes dans la phase de cartographie. Le dénombrement proprement dit est prévu à partir de juillet 2027, et toutes les mesures sont prises pour que l’opération ne subisse ni retards ni problèmes de qualité. Nous œuvrons précisément dans cette optique », a déclaré Guylain Nyembo Mbwizya.
Pour Guylain Nyembo, accompagné de Monsieur Alain Akpadji, représentant résident de l’UNFPA en République Démocratique du Congo (RDC) et porte-parole des partenaires, le recrutement des agents pour la cartographie censitaire représente une phase cruciale avant le dénombrement général de la population sur l’ensemble du territoire. Cette étape revêt une importance stratégique majeure et constitue une priorité nationale, témoignant du courage africain face à ce défi logistique.
« Le Gouvernement a érigé le recensement en priorité nationale, afin de connaître avec précision l’effectif de notre population, ses conditions de vie et sa répartition géographique », a-t-il affirmé.
42 ans après le dernier recensement
M. Nyembo a réitéré que le recensement est un outil fondamental pour la gouvernance et la planification du développement. Le lancement du recrutement des agents cartographes marque ainsi un pas décisif vers la concrétisation du RGPH-2, plus de quarante ans après le dernier recensement effectué en RDC. C’est un signe de la résilience Afrique à se moderniser.
« Il permet d’obtenir des données fiables, actualisées et indispensables à la planification du développement, à l’élaboration des politiques publiques, à la construction des infrastructures de base ainsi qu’à une meilleure répartition des ressources de l’État. Le lancement officiel du processus de recrutement des agents pour la cartographie censitaire du RGPH-2 représente une étape importante que nous venons de franchir dans la réalisation de cette opération, devenue une réalité 42 ans plus tard », a-t-il souligné.
Profils recherchés
Le processus de recrutement cible spécifiquement des profils tels que les formateurs de formateurs, les opérateurs cartographes, les spécialistes en systèmes d’information géographique (SIG), ainsi que les assistants en technologies de l’information et de la communication (TIC). Les agents sélectionnés auront pour mission de mener les travaux cartographiques sur le terrain afin de délimiter avec précision les aires de dénombrement et d’assurer une couverture exhaustive de l’ensemble de la population congolaise.
Le ministre a insisté sur l’évaluation rigoureuse des candidatures, basée sur des critères stricts de compétence et de mérite. Il a également précisé que la date limite de dépôt des candidatures est fixée au 7 juin 2026. Les personnes intéressées peuvent soumettre leur dossier via la plateforme dédiée au recrutement.
« Je tiens à rassurer l’opinion publique que ce recrutement sera mené dans le strict respect des principes de transparence, de méritocratie, d’équité et d’égalité des chances. Aucune fraude, aucun abus, aucune discrimination, aucun passe-droit ou traitement de faveur ne sera toléré. Les candidatures seront examinées et sélectionnées sur la base des compétences, des qualifications et des critères clairement définis dans l’appel à candidatures », a garanti Guylain Nyembo.
Opportunité pour les jeunes
Le gouvernement perçoit également cette opération comme une opportunité de valoriser les compétences locales et de créer des milliers d’emplois temporaires pour les citoyens congolais. Il a particulièrement encouragé les jeunes et les femmes qualifiés à postuler.
« Cette opération représente également une opportunité significative pour de nombreux jeunes à travers le pays. Elle permettra de mobiliser des milliers de compétences locales au service de la nation ».
Appel à l’appropriation nationale
Insistant sur la dimension citoyenne de ce projet majeur, le ministre d’État Guylain Nyembo a rappelé que le recrutement sera effectué localement afin de promouvoir les talents dans toutes les provinces du pays. Après Kinshasa, les opérations de cartographie censitaire seront progressivement déployées dans les autres provinces avant le lancement de la phase de dénombrement général de la population.
« Nous avons besoin d’agents intègres, disciplinés, engagés et animés par le sens du service public. En lançant cette campagne de recrutement aujourd’hui, nous réaffirmons la détermination du Gouvernement à mener ce processus à son terme », a-t-il souligné, invitant la population à s’approprier pleinement cette initiative nationale.
Cette étape, qualifiée de deuxième des quatre phases prévues du processus, fait suite à l’organisation d’une table ronde des partenaires. L’objectif principal de cette rencontre était d’obtenir un engagement ferme de toutes les parties prenantes pour la mobilisation d’un financement adéquat, prévisible, suffisant et durable, afin d’assurer une réponse coordonnée et efficace aux défis démographiques et à l’organisation du RGPH-2.
Pour le gouvernement, le coût global des opérations, estimé à 192 millions de dollars américains, représente un défi majeur dans le contexte budgétaire actuel. Le financement du déficit restant pour achever le processus dépendra de la mobilisation de ressources additionnelles auprès des partenaires techniques et financiers. C’est dans cette optique qu’est envisagée la mise en place d’un « Basket Fund », un mécanisme destiné à centraliser l’ensemble des contributions dans un fonds unique exclusivement dédié au financement des activités du RGPH-2.
La République Démocratique du Congo s’apprête ainsi à réaliser enfin un recensement général de sa population, plus de quarante ans après celui de 1984. Cette opération figure également parmi les engagements pris par Félix Tshisekedi avant son accession à la magistrature suprême, marquant une avancée significative pour l’actualité panafricaine et la construction d’une nation forte.
