L’AES condamne fermement les propos du président nigérian sur la sécurité au Sahel

L’AES condamne fermement les propos du président nigérian sur la sécurité au Sahel

Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Jean-Marie Traoré, a convoqué le représentant de l’Ambassade du Nigeria à Ouagadougou en réponse aux déclarations du président nigérian, Bola Tinubu, concernant l’état sécuritaire au sein des trois nations membres de l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une démarche unifiée visant à défendre la souveraineté des pays concernés.

Cette rencontre tripartite, à laquelle ont également participé les représentants diplomatiques du Mali et du Niger, avait pour objectif de réaffirmer une position commune et solidaire face aux accusations portées par le dirigeant nigérian. Selon les propos tenus par Tinubu le 30 juillet devant des autorités traditionnelles, la montée des violences dans l’espace de l’AES aurait des répercussions directes sur la stabilité du Nigeria, notamment avec l’augmentation des attaques terroristes et des enlèvements dans ce pays.

Une réponse unie face à des accusations jugées infondées

Au nom du Burkina Faso, mais aussi au nom du Mali et du Niger, le ministre Traoré a exprimé un « profond regret » face à ces allégations jugées non fondées et contraires à l’esprit de collaboration qui devrait unir les États voisins confrontés à une menace terroriste commune. Il a qualifié ces propos de « simplistes et précipités », soulignant que cette analyse ne reflète pas la complexité de la situation.

« Ces déclarations auraient mérité une évaluation plus nuancée des réalités sécuritaires. Imputer la responsabilité de nos difficultés à des pays voisins risquerait d’attiser des tensions inutiles entre des peuples unis par l’histoire, la géographie et une fraternité indéfectible », a-t-il ajouté.

Le responsable diplomatique a rappelé que les pays de l’AES ne sont pas à l’origine de leurs propres défis, tout en assumant le coût de cette insécurité. « Les véritables ennemis se trouvent ailleurs. Notre devoir est d’agir en tant que peuples frères pour faire front commun contre cette menace partagée. »

L’AES privilégie le dialogue malgré les tensions

Malgré ce désaccord, le ministre a précisé que la démarche entreprise n’avait aucun caractère conflictuel. Elle visait avant tout à promouvoir un échange franc et constructif, convaincu que seule une collaboration sincère permettra de surmonter durablement les défis sécuritaires qui touchent la sous-région.

Le représentant nigérian, après avoir pris acte du message transmis par les trois pays de l’AES, a salué cette approche fondée sur le dialogue et la solidarité. Il a également reconnu les efforts déployés par l’Alliance dans la lutte contre le terrorisme, marquant ainsi une volonté de poursuivre la coopération malgré les divergences.