L’alliance des états du Sahel face aux limites de la libre circulation

L’Alliance des États du Sahel confrontée aux défis de la libre circulation

Les dirigeants du Mali, Assimi Goita, du Burkina Faso, Ibrahim Traoré, et du Niger, Abdourahamane Tiani, marchant ensemble lors du premier sommet de l'Alliance des États du Sahel à Niamey

Le retrait de l’Alliance des États du Sahel (AES) de la Cédéao visait à affirmer leur souveraineté. Pourtant, cette décision a instauré de nouvelles contraintes pour la circulation des personnes et des marchandises entre ces trois pays et l’espace ouest-africain.

Des documents administratifs problématiques pour les voyageurs de l’AES

La libre circulation autrefois facilitée par la Cédéao se heurte désormais à des obstacles administratifs. Les passeports, cartes d’identité et permis de conduire des ressortissants de l’AES ne sont plus systématiquement reconnus au sein de l’espace Cédéao. Cette situation crée des complications majeures pour les citoyens souhaitant voyager.

Almou Yacouba, secrétaire général du Syndicat démocratique routier du Niger, partage son expérience :

« Nous rencontrons des difficultés avec la carte grise internationale et le permis international. L’assurance Cédéao, autrefois valable, pose désormais problème dans l’espace AES. En arrivant en Côte d’Ivoire avec une carte d’identité du Niger, les autorités locales contestent sa validité car elle affiche la date de fabrication sans date d’expiration. Avant notre retrait de la Cédéao, des cartes d’identité spécifiques facilitaient les déplacements. Aujourd’hui, les agents frontaliers exigent des documents supplémentaires, ce qui complique considérablement les voyages. »

Reconnaissance des documents : un casse-tête administratif

Les voyageurs de l’AES se voient souvent refuser l’entrée dans certains pays de la Cédéao en raison de l’incompatibilité de leurs documents. Cette situation engendre des retards, des frais supplémentaires et une insécurité juridique pour les citoyens.

Des contrôles abusifs et des pots-de-vin persistent

Malgré les initiatives des gouvernements de l’AES, les transporteurs et les voyageurs continuent de subir des contrôles abusifs et des demandes de pots-de-vin aux frontières, y compris entre les pays membres de l’alliance.

Chaibou Tchiombiano, secrétaire général des commerçants importateurs et exportateurs du Niger, témoigne :

« Théoriquement, une libre circulation des personnes et des biens devrait être effective. Pourtant, nous faisons face à ces problèmes de manière récurrente. »

Notre objectif serait la création d’un passeport unique de l’AES, permettant une circulation fluide au sein de l’alliance. »

Vers une solution commune ?

Le Niger a accueilli en décembre 2025 une réunion des ministres des Transports de l’AES pour aborder la question de la libre circulation des personnes et des biens. Cette rencontre s’inscrit dans le contexte du retrait de ces pays de la Cédéao, qui a modifié les règles du jeu régional.

Les défis administratifs et les contrôles frontaliers restent des enjeux majeurs pour l’Alliance des États du Sahel. Les dirigeants doivent désormais concilier souveraineté et fluidité des échanges pour répondre aux attentes de leurs populations.