Laurent Gbagbo domine toujours le PPA-CI en Côte d’Ivoire

Un partisan de Laurent Gbagbo lors d'un rassemblement à Abidjan

Dans les couloirs du palais de la culture de Treichville, à Abidjan, l’effervescence était palpable ce 14 mai. Le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) tenait son congrès, et l’ombre de Laurent Gbagbo planait sur l’événement. Un cadre du parti, sous couvert d’anonymat, livrait alors une prédiction sans équivoque : *« À la fin de la journée, le chef sera réélu. Et tout le monde sera heureux. »* Une déclaration qui résumait à elle seule l’ambiance de ce rassemblement militant.

Le scrutin s’est déroulé sous les acclamations, dans une salle où Laurent Gbagbo brillait par son absence. Pourtant, son influence restait omniprésente. Le parti, qu’il a fondé et qu’il incarne toujours, a présenté un seul candidat pour diriger ses instances. Et ce candidat a obtenu le soutien unanime des militants, comme prévu.

Un congrès sous le signe de la continuité gbagbiste

Les débats ont été vifs, mais les décisions, elles, étaient déjà scellées. Le PPA-CI a confirmé sa fidélité à l’ancien président, dont le nom reste indissociable de l’histoire récente du parti. Les discours ont mis en avant son héritage, ses combats passés, et la nécessité de perpétuer sa ligne politique. Même en son absence, Laurent Gbagbo a dicté le tempo de cette journée.

Les militants, brandissant des banderoles à son effigie, ont scandé son nom comme un mantra. Les discours officiels ont célébré son action passée, tout en insistant sur l’unité du parti derrière sa figure. Une unité qui, selon les observateurs présents, cache mal les divisions internes que certains craignent de voir resurgir.

Quelles perspectives pour le PPA-CI après ce congrès ?

Si la réélection de Laurent Gbagbo à la tête du parti ne fait aucun doute, la vraie question porte sur l’avenir du mouvement. Les défis sont nombreux : reconquérir l’électorat perdu, s’imposer comme une force incontournable à l’approche des prochaines échéances politiques, et surtout, gérer les tensions internes qui menacent de fragiliser l’unité.

Les observateurs s’interrogent : ce congrès marquera-t-il un nouveau départ pour le PPA-CI, ou ne sera-t-il qu’un simple rappel de l’emprise persistante de l’ancien président sur son parti ? Une chose est sûre : tant que Laurent Gbagbo restera une figure centrale, le parti ne pourra se permettre de tourner la page.

Dans les rues d’Abidjan, les partisans sont optimistes. *« Avec lui, nous savons où nous allons »*, lance un militant sous une pluie de slogans. Pourtant, derrière cette apparente unité, les défis de demain se préparent déjà.