Laurent Gbagbo maintient son leadership au PPA-CI en Côte d’Ivoire

Laurent Gbagbo conserve la présidence du PPA-CI malgré ses velléités de retrait

Malgré des déclarations récentes évoquant une volonté de se retirer de la vie politique, Laurent Gbagbo a été reconduit à la tête du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) lors de son premier congrès ordinaire. À près de 81 ans, l’ex-chef d’État ivoirien (2000-2011) reste une figure centrale pour ses partisans, malgré les défis auxquels son parti est confronté.

Portrait de Laurent Gbagbo lors d'un événement politique à Abidjan

Un parti affaibli par les boycotts électoraux

L’ex-président ivoirien n’a pu participer à l’élection présidentielle d’octobre 2025, en raison d’une condamnation pénale l’empêchant de figurer sur les listes électorales. Son parti, le PPA-CI, n’a ni soutenu ni présenté de candidat à ce scrutin, remporté par Alassane Ouattara. Cette position a été suivie d’un boycott des législatives de décembre, privant le parti de représentation parlementaire et réduisant drastiquement son influence locale.

Résultat : le PPA-CI ne compte désormais plus aucun député et seulement quelques maires dans ses rangs, alors qu’il incarnait autrefois la gauche ivoirienne.

Une reconduction symbolique sous les ovations

Lors de la clôture de son premier congrès ordinaire, le PPA-CI a officialisé la reconduction de Laurent Gbagbo à sa tête, validée la veille par l’acclamation des délégués présents au Palais des congrès de Treichville à Abidjan. À son arrivée, l’ancien président a été accueilli par une standing ovation de ses militants, qui ont réservé un accueil chaleureux à ce symbole politique.

« Je suis heureux d’être dans cette ambiance chaleureuse, je vous remercie », a-t-il déclaré dans une brève allocution. Un discours plus détaillé est prévu le lendemain à Songon, dans le sud du pays.

Ces propos contrastent avec ses déclarations d’octobre 2025, où il affirmait ne plus souhaiter assumer de fonctions politiques et vouloir « s’interdire d’occuper des postes à responsabilité ». Une posture qui n’a pas ébranlé la fidélité de ses partisans.

Un parti divisé et des sanctions internes

La reconduction de Laurent Gbagbo s’accompagne de mesures disciplinaires contre plusieurs figures du parti. Ahoua Don Mello, qui s’était présenté à la présidentielle de 2025 contre l’avis du PPA-CI, a été exclu, tandis que Stéphane Kipré, élu député en indépendant lors des législatives, a écopé d’une suspension de 18 mois pour désobéissance.

Ces sanctions reflètent les tensions internes qui minent le parti depuis plusieurs années. De nombreuses personnalités historiques, comme Simone Ehivet Gbagbo (son ex-épouse), Charles Blé Goudé ou Pascal Affi N’Guessan, ont quitté le PPA-CI, fragilisant encore davantage sa cohésion.

L’avenir politique de Gbagbo entre espoirs et incertitudes

L’avenir politique de Laurent Gbagbo dépend désormais de sa réinscription sur les listes électorales, condition sine qua non pour toute participation future à la vie politique ivoirienne. Cette réintégration serait soumise à une amnistie accordée par le président Alassane Ouattara, son successeur depuis 2011 et principal rival politique.

Le retour de Gbagbo sur la scène politique ivoirienne reste donc incertain, mais son maintien à la tête du PPA-CI envoie un signal fort à ses partisans, malgré l’affaiblissement de son parti et les divisions internes.