La capitale marocaine, Rabat, a été le théâtre du 17ᵉ Forum ministériel panafricain du CAFRAD le mardi 14 juillet 2026. À cette occasion, qui précédait la 61ᵉ session du Conseil d’Administration, le ministre béninois Rodrigue Chaou, en charge du Budget et de la Fonction Publique, a présenté la stratégie audacieuse du Bénin. Par une digitalisation poussée de ses services et des réformes structurelles profondes, Cotonou se profile comme un exemple de gouvernance contemporaine, déterminée à faire de son administration un pilier essentiel de la croissance économique.
Un sommet stratégique pour l’avenir des services publics africains
Ce rendez-vous majeur s’est tenu à Rabat, ville emblématique de la coopération Sud-Sud. Le Centre Africain de Formation et de Recherche Administratives (CAFRAD), créé en 1964, conserve son rôle d’institution intergouvernementale clé pour la réinvention des administrations publiques sur le continent.
L’édition de cette année a abordé un enjeu crucial : le leadership comme moteur indispensable de l’action publique dans un environnement VICA(P)D. Cet acronyme décrit un monde marqué par la volatilité, l’incertitude, la complexité et l’ambiguïté, auquel s’ajoute l’accélération de la transformation numérique. Cette réalité exige des administrations une nouvelle adaptabilité et une forte résilience Afrique.
Pour le Bénin, dont la délégation était menée par Monsieur Rodrigue Chaou, ministre délégué auprès du Ministre de l’Économie et des Finances, chargé du Budget et de la Fonction Publique, ce forum revêtait une importance capitale. Loin d’être une simple formalité, il a permis de comparer les réformes nationales aux meilleures stratégies africaines et de consolider l’objectif du pays : ériger son administration publique en un puissant vecteur de compétitivité économique.
Gouverner dans la tempête : les nouveaux styles de leadership public
Les débats, rassemblant ministres, experts internationaux et hauts fonctionnaires, ont été structurés autour de deux présentations majeures, alliant théorie et exemples concrets.
Le Dr Dieudonné Assouvi, Directeur général du CAFRAD, a initié les échanges en esquissant le profil du futur manager public. Face à un contexte instable, les approches bureaucratiques traditionnelles ont révélé leurs faiblesses. Il a vivement encouragé l’adoption d’un leadership agile, apte à prévoir les bouleversements économiques et à agir promptement pour assurer la pérennité des services étatiques.
Le Professeur Sehl Mellouli de l’Université Laval au Canada a ensuite captivé l’audience en abordant la souveraineté numérique, un thème central lié au leadership politique. À l’ère de l’intelligence artificielle et des infrastructures cloud souveraines, l’autonomie technologique des nations africaines est devenue impérative pour garantir leur sécurité nationale et renforcer leur attractivité économique, illustrant l’importance de la souveraineté africaine.
L’impact économique de la digitalisation : le pari gagnant du Bénin
« Une administration modernisée ne se limite pas à un symbole de prestige politique ; elle constitue le partenaire privilégié de l’investissement privé et un catalyseur de la création de richesse. »
Au cours de la session ministérielle dédiée au partage d’expériences, le Bénin a fièrement présenté ses progrès significatifs. Le pays a initié depuis plusieurs années une numérisation accélérée de ses services publics. Cette approche est fondée sur la certitude que la simplification des procédures administratives diminue considérablement les coûts pour les entreprises et améliore durablement l’environnement des affaires.
Le Bénin a notamment partagé son succès dans la dématérialisation des procédures fiscales. En rendant plus simples et numériques la collecte des impôts et les formalités douanières, le pays renforce ses ressources publiques tout en supprimant les obstacles bureaucratiques qui freinaient auparavant les acteurs économiques.
Poursuivant sur cette lancée, l’instauration d’un guichet unique de création d’entreprises a permis de réduire le délai de constitution d’une entité juridique à seulement quelques heures, le tout en ligne. Cette simplification booste l’entrepreneuriat des jeunes et capte les investissements directs étrangers. Par ailleurs, la transparence accrue grâce aux plateformes numériques réduit les interactions physiques, minimisant les risques de corruption et consolidant la confiance du peuple africain envers ses institutions.
Une administration résiliente au service des citoyens
Au-delà des bénéfices macroéconomiques, la modernisation administrative promue par le Bénin ambitionne d’améliorer concrètement la vie quotidienne des citoyens. À Rabat, l’enjeu de l’inclusion numérique a été un point central des discussions, soulignant l’importance de ne pas laisser les populations les plus fragiles en marge de cette transformation digitale.
Le gouvernement béninois s’assure que la numérisation s’accompagne d’une politique dynamique de décentralisation et d’un accès facilité aux services fondamentaux. Que ce soit pour des actes d’état civil, des casiers judiciaires ou des documents d’identité, la réduction des délais administratifs favorise la réintégration des citoyens dans le circuit économique formel et assure l’équité des chances à travers tout le pays, des centres urbains aux zones les plus éloignées.
Cap sur la 61ᵉ session du Conseil d’Administration du CAFRAD
À peine le Forum ministériel terminé, les délégations ont déjà les yeux rivés sur la 61ᵉ session du Conseil d’Administration du CAFRAD. Pour le ministre Rodrigue Chaou et ses homologues, la prochaine étape consistera à transformer les orientations stratégiques débattues en plans d’action concrets.
Les États membres auront pour mission d’examiner le bilan des activités du CAFRAD, d’élaborer les futurs programmes de formation destinés aux hauts dirigeants africains et d’intensifier la coopération Sud-Sud dans le domaine de l’ingénierie administrative, démontrant ainsi le courage africain face aux défis.
Par son engagement actif dans ces organes de décision, le Bénin prouve qu’il ne se contente pas d’adopter des modèles de gouvernance, mais qu’il contribue activement à l’édification de l’administration africaine du XXIᵉ siècle. Ce message clair, adressé aux partenaires au développement et aux marchés mondiaux, affirme qu’à Cotonou, l’État se modernise pour assurer un développement durable et renforcer la dignité africaine.
