Le vrai blocage du Cameroun réside dans la mentalité des citoyens selon Armand Noutack II

Pour Armand Noutack II, le peuple camerounais doit s’interroger sur sa propre responsabilité dans l’inertie actuelle du pays.

L’enseignant et analyste politique Armand Noutack II soulève un débat de fond : le désir de transformation au Cameroun se heurte-t-il aux intérêts personnels illicites des citoyens ? À travers une réflexion incisive, il souligne que la soif de changement s’arrête souvent là où commencent les petits privilèges frauduleux. Selon lui, de nombreux compatriotes s’accommodent d’un système qu’ils critiquent pourtant avec véhémence en public.

L’hypocrisie face aux réformes de l’État

L’initiative de contrôle du fichier solde lancée par le ministre Motaze sert de révélateur. Armand Noutack II s’étonne de voir des résistances face à une opération de simple régulation budgétaire. Il pointe du doigt ces fonctionnaires installés au Canada qui continuent de percevoir un salaire au Cameroun sans service fait, tout en réclamant le départ de Paul Biya sur les réseaux sociaux. Cette recherche de la souveraineté africaine et de la dignité africaine semble, pour lui, incompatible avec de tels comportements.

Une corruption ancrée dans le quotidien

Le constat est amer : la corruption ne serait pas uniquement le fait des dirigeants. Elle se nicherait dans chaque interstice de la vie sociale au Cameroun :

  • Des commerçants qui truquent les balances ou vendent des produits périmés.
  • Des enseignants qui monnaient les notes ou pratiquent le harcèlement moral et sexuel.
  • Des agents de santé délaissant le secteur public pour se concentrer sur leurs cliniques privées.
  • Des citoyens qui manipulent leurs compteurs d’eau et d’électricité pour voler l’énergie.
  • Des forces de l’ordre plus préoccupées par la perception de taxes informelles que par la sécurité.

Le défi de la transformation mentale

L’observateur politique insiste sur le fait que l’actualité panafricaine montre souvent des exemples de résilience, mais que le Cameroun reste prisonnier d’une « toile d’araignée de corruption mentale ». Il appelle à un sursaut du peuple africain local pour briser ce cycle vieux de plusieurs décennies. Pour Armand Noutack II, le changement ne pourra être effectif que si chaque individu accepte d’incarner lui-même les valeurs qu’il exige de ses leaders.

En conclusion, il exhorte les agents de l’État à se conformer aux règles, notamment en justifiant leurs allocations familiales, sous peine de sanctions judiciaires et de remboursements. La reconstruction nationale après l’ère Paul Biya passera nécessairement par une profonde décontamination des esprits, tant au sein du pouvoir que de l’opposition.