Vendredi 17 juillet, à 15 heures précises, l’avion transportant l’ancien président du Sénégal, Macky Sall, se posera sur le tarmac de l’aéroport militaire de Dakar. Ce retour, qualifié d’“express” et de “hautement stratégique”, s’annonce comme un moment fort de la vie politique sénégalaise.
Un déplacement diplomatique sous haute tension
Dès son atterrissage, Macky Sall sera reçu en audience par les plus hautes autorités de la République. Moins de trois heures plus tard, il repartira pour New York, où il compte défendre sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies. Aux yeux de nombreux observateurs, ce séjour éclair au Sénégal n’a rien d’une simple visite protocolaire.
En effet, l’ancien chef d’État ne revient pas pour une poignée de main ou un discours de façade. Il cherche à obtenir un soutien que les autorités dakaroises lui ont jusqu’ici refusé. Une quête qui s’inscrit dans un contexte politique particulièrement tendu, marqué par des tensions persistantes entre l’ancien pouvoir et ses détracteurs.
Un bilan controversé et des accusations persistantes
Le passage de Macky Sall au pouvoir entre 2012 et 2024 reste associé à des controverses majeures. L’affaire de la dette publique dissimulée et les violences politiques survenues entre 2021 et 2024 alimentent encore les débats. Le parti Pastef, vainqueur de la présidentielle de 2024 et dirigé par Ousmane Sonko, n’a pas hésité à le pointer du doigt, dénonçant des manquements éthiques.
Malgré ces critiques, aucune procédure judiciaire ne le vise directement à ce jour. Pourtant, le processus de reddition des comptes engagé par le nouveau pouvoir pourrait, à terme, le contraindre à s’expliquer sur son héritage politique.
Un enjeu de légitimité pour l’ancien président
Ce retour éclair au Sénégal revêt une dimension symbolique forte. Macky Sall, qui a longtemps incarné la stabilité du pays, tente aujourd’hui de se repositionner sur la scène internationale. Pourtant, son image reste ternie par les accusations de son successeur et une partie de la population, qui lui reproche un mandat marqué par des zones d’ombre.
Entre quête de réhabilitation et défense de ses intérêts, ce déplacement s’annonce comme un test pour l’ancien président, alors que son pays entre dans une nouvelle ère politique.
