Un week-end noir pour l’énergie du Mali
Le week-end des 10 et 11 mai a marqué un tournant dramatique pour l’approvisionnement énergétique du Mali. Dans la région de Kayes, près de la forêt du Baoulé, des terroristes du Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (JNIM) ont ciblé plusieurs pylônes haute tension, provoquant des coupures massives. Un acte de sabotage qui a pris de court les forces de sécurité, dont les partenaires russes de l’Africa Corps, dont l’efficacité est désormais questionnée.
Les conséquences sont immédiates : Bamako plonge dans une obscurité totale, aggravant une situation déjà critique marquée par une canicule record, des pénuries d’eau et une économie asphyxiée. Pire encore, les menaces se tournent désormais vers les barrages hydroélectriques de Manantali et Sélingué, mettant en péril toute la sous-région.
Le JNIM frappe là où ça fait mal : l’économie et les infrastructures vitales
Le JNIM ne se contente plus de harceler les axes routiers ou d’incendier des camions. En s’attaquant aux lignes électriques du Baoulé, les insurgés visent directement le quotidien des Bamakois et la stabilité du pays. Leur mode opératoire, d’une précision chirurgicale, révèle une expertise technique alarmante : des pylônes situés dans des zones difficiles d’accès ont été détruits, plongeant des quartiers entiers dans le noir.
Malgré les annonces de sécurisation par l’Africa Corps et les Forces Armées Maliennes (FAMa), la réalité est cruelle. Comment des groupes terroristes peuvent-ils acheminer des explosifs, miner des structures massives et disparaître sans être inquiétés ? La réponse reste floue, tout comme la capacité des drones et des patrouilles à protéger les infrastructures critiques. Pour les civils, la question est simple : à quoi sert ce partenariat si les services de base ne sont pas assurés ?
Une population au bord de l’asphyxie
Les Bamakois subissent de plein fouet les conséquences de cette crise. Avec des températures dépassant les 45°C, l’absence d’électricité prive les habitants de ventilateurs et de pompes à eau. Les hôpitaux, déjà sous tension, voient leurs services d’urgence et leurs maternités fonctionner dans des conditions précaires. Le gouvernement évoque des convois de carburant escortés, mais les groupes électrogènes restent trop peu nombreux pour compenser la perte du réseau haute tension.
La colère gronde. Après des années de promesses de souveraineté et de sécurité, la population attend désormais des actes concrets : de l’eau, de la lumière et une protection réelle. Les communiqués triomphalistes ne suffisent plus.
Manantali et Sélingué : un risque de crise régionale
Les informations sécuritaires indiquent que le JNIM pourrait étendre ses attaques aux barrages de Manantali et Sélingué. Une telle escalade aurait des répercussions bien au-delà des frontières maliennes. Sénégal et Mauritanie, dépendants des accords de partage d’énergie, seraient directement touchés. L’agriculture irriguée dans le bassin du fleuve serait menacée, plongeant toute l’Afrique de l’Ouest dans une crise alimentaire sans précédent.
Pour le gouvernement de transition et ses alliés, l’heure est à l’action urgente. Protéger les infrastructures vitales n’est plus une option, mais une nécessité. Si les barrages tombent, c’est toute la crédibilité de l’État malien qui sera mise à mal, dans un pays déjà en proie à des défis majeurs.
Les Bamakois attendent désormais des solutions concrètes, loin des discours politiques. Car vivre dignement sous le soleil du Sahel, avec de l’eau et de la lumière, n’est pas un luxe, mais un droit fondamental.
