Maroc : croissance économique record… mais quid des ménages ?

Maroc : croissance économique record… mais quid des ménages ?

Le Maroc affiche une croissance économique exceptionnelle en 2025, avec un PIB en hausse de 4,9 %. Pourtant, cette performance masque une réalité moins reluisante : l’investissement explose (+16,3 %), tandis que le pouvoir d’achat des ménages n’enregistre qu’une timide progression de 1,2 %.

Derrière les chiffres macroéconomiques se cache une disparité frappante. La croissance marocaine, portée par des investissements massifs, peine à se répercuter sur le quotidien des citoyens. Les données de la Banque mondiale confirment cette tendance : l’activité économique s’emballe, mais les dépenses des foyers restent en demi-teinte.

Les grands projets, moteur de l’expansion

L’investissement a connu une progression fulgurante de 16,3 % en 2025, après déjà +14 % l’année précédente. Cette dynamique s’explique principalement par les grands chantiers d’infrastructure, notamment ceux liés à l’organisation de la Coupe du monde 2030. Le secteur du BTP affiche ainsi une croissance de 6,7 %, tandis que les investissements privés montrent des signes de reprise progressive.

Les dépenses publiques n’ont pas été en reste, avec une hausse de 5,1 % en 2025. Cette augmentation reflète le renforcement des services publics, l’extension des programmes sociaux et l’ajustement des salaires dans la fonction publique.

Le portefeuille des ménages à la traîne

La consommation privée, elle, suit une courbe bien différente. Après +4,7 % en 2023 et +3 % en 2024, elle n’a progressé que de 1,2 % en 2025. Un ralentissement d’autant plus surprenant que l’inflation s’est stabilisée à 0,8 %, et que la confiance des consommateurs commence à se rétablir. Les ménages marocains, malgré une légère amélioration de leur situation financière, peinent à bénéficier pleinement de la croissance économique.

Cette situation met en lumière une économie encore très dépendante des commandes de l’État et des mégaprojets. Les retombées de cette croissance ne se traduisent pas encore par une hausse équivalente du niveau de vie des familles.

Vers un rééquilibrage progressif ?

Selon les projections, un basculement pourrait s’opérer dans les années à venir. Une fois les grands projets achevés, l’économie marocaine pourrait se recentrer sur la consommation privée et le secteur privé. Avec une inflation maîtrisée et des revenus en hausse, la Banque mondiale table sur une croissance de la consommation des ménages de 4,8 % d’ici 2028. En attendant, les investissements continueront de tirer l’économie, tandis que les ménages devront patienter pour voir leur pouvoir d’achat s’améliorer significativement.