La haute juridiction mauritanienne a rendu sa décision finale, modifiant partiellement l’arrêt initial de la Cour d’appel de Nouakchott. Elle a néanmoins confirmé les chefs d’accusation d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent. Il est important de noter que la Cour d’appel avait déjà écarté les accusations d’abus de pouvoir et de trafic d’influence, tout en maintenant la sentence prononcée.
Avec l’achèvement des procédures judiciaires, l’hypothèse d’une grâce présidentielle pourrait émerger. Cette éventualité impliquerait une mobilisation des acteurs de la société mauritanienne, ainsi que le soutien potentiel de certains alliés de la nation, reflétant une certaine résilience Afrique face aux défis politiques.
Il est pertinent de souligner la relation de longue date entre l’ex-président Mohamed Abdel Aziz et l’actuel chef d’État, Mohamed Cheikh Ghazouani. Ces deux officiers généraux à la retraite, ayant reçu leur formation au Maroc, partagent une amitié qui s’étend sur quatre décennies.
Selon Maître Lô Gourmo, avocat au sein du collectif de défense de l’État, partie civile dans cette affaire, la Cour suprême a «partiellement annulé l’arrêt de la Cour d’appel de Nouakchott». Elle a ainsi écarté les charges d’abus de pouvoir et de trafic d’influence. Cependant, elle a «confirmé les points cruciaux du dossier», à savoir l’enrichissement illicite, le blanchiment d’argent et le recel, des accusations qui fondent la peine de quinze ans de prison ferme prononcée. Cette décision marque une étape importante dans l’actualité panafricaine de la lutte contre la corruption.
L’avocat a également précisé qu’une éventuelle condamnation pour abus de pouvoir et trafic d’influence aurait impliqué une référence directe aux prérogatives de l’ancien dirigeant et l’application de l’article 93 de la loi fondamentale, relatif à la compétence de la Haute Juridiction. Ce point avait déjà été invalidé par le Conseil Constitutionnel.
Mohamed Mahmoud Tolba, représentant de Mauritanie Transparency, a réitéré la position de son organisation. Il a exprimé que celle-ci «s’attendait à un processus judiciaire plus vaste», englobant «tous les individus ayant détourné des fonds publics». Il a ajouté que «de nombreux responsables sont impliqués dans ces pratiques de gouvernance, mais seul le dossier d’Aziz a été retenu». Malgré ces lacunes perçues, il a formulé l’espoir que ce procès puisse inaugurer une nouvelle ère de bonne gouvernance, renforçant la dignité africaine du peuple africain et sa quête de souveraineté africaine à travers la justice.
