Mont-Bouët : Eugène Mba face au défi du racket

Le marché de Mont-Bouët, poumon de l’économie informelle à Libreville, est aujourd’hui au cœur d’une lutte contre un fléau bien connu : le racket systématique. Le maire de la capitale gabonaise, Eugène Mba, doit composer avec des agents municipaux accusés d’extorsion sur les commerçants.

Lors d’une réunion initiée par le Syndicat des débrouillards du Gabon (SDG) et l’ONG Solidarité pour le développement du Gabon (ONG-SDG), de nombreux vendeurs ont dénoncé ce qu’ils appellent un véritable « racket organisé ». Selon eux, certains employés de la mairie et des forces de l’ordre sont impliqués dans un système bien rodé.

Les sommes réclamées dépassent largement les taxes légales : 2 000 FCFA par étal contre 500 FCFA normalement attendus, sans aucun reçu. Une pratique qui asphyxie les petits commerçants déjà fragilisés par la baisse du pouvoir d’achat.

Un fléau persistant difficile à éradiquer

Ce racket n’est pas nouveau : il traverse les mandatures municipales sans faiblir, protégé par des réseaux d’influence et l’absence totale de traçabilité des paiements en espèces. Pour beaucoup, il s’agit d’un mal chronique qui grève des bénéfices déjà maigres.

Face à l’insuffisance des contrôles à l’Hôtel de Ville, la tâche s’annonce immense pour Eugène Mba et sa nouvelle équipe.

La digitalisation des paiements comme solution

Pour sortir de cette impasse, plusieurs observateurs économiques préconisent la numérisation des transactions. Remplacer les paiements en espèces par des transferts directs vers les caisses de la municipalité pourrait couper l’herbe sous le pied des agents véreux. Pour Eugène Mba, l’enjeu dépasse la gestion urbaine : il s’agit de restaurer la confiance entre l’administration et les commerçants, piliers de l’économie locale.