Niger : comment la coldeff a récupéré 74 milliards de fcfa en un an

Le Niger marque un tournant décisif dans sa lutte contre les détournements de fonds publics. Mercredi dernier, dans l’enceinte du Palais présidentiel à Niamey, une cérémonie officielle a révélé les résultats impressionnants de l’opération « Mains propres ». Pilotée par la COLDEFF, cette initiative vise à traquer les malversations financières et à restituer les biens mal acquis au peuple nigérien.

Le bilan est sans appel : plus de 74 milliards de francs CFA ont été réinjectés dans les caisses de l’État. Une performance remarquable qui se traduit par une hausse de 12 milliards en seulement douze mois. À noter que ce montant ne comprend pas les biens immeubles ou mobiliers saisis, comme les terrains, les véhicules ou autres actifs cédés sous la contrainte par les fraudeurs.

Une approche financière plutôt que carcérale : la stratégie du CNSP

Lors de la rencontre avec la Commission, le chef de l’État a souligné l’importance de cette démarche. L’objectif affiché ? Éviter les excès judiciaires tout en frappant là où ça fait mal : au portefeuille. La COLDEFF mise sur une politique pragmatique, visant à préserver l’équilibre social tout en sanctionnant les fraudes.

« Notre mission n’est pas de remplir les prisons, mais de rétablir l’équité financière. Le châtiment ici est d’ordre économique, et c’est au patrimoine des responsables que nous nous attaquons. »

Cette stratégie permet de concilier fermeté et légalité, évitant ainsi de froisser les partenaires internationaux dans un contexte économique difficile. Les contrevenants sont sommés de restituer l’intégralité des fonds détournés, avec une promesse de clémence tant que les remboursements sont effectués.

Reste une question cruciale : comment ces milliards récupérés seront-ils utilisés ? Dans un pays où les défis climatiques et économiques pèsent lourdement sur la population, l’opinion publique attend des actes concrets pour améliorer le quotidien des Nigériens. La COLDEFF, elle, ne compte pas relâcher sa pression.