L’aube n’avait pas encore teinté le ciel du village côtier d’Aourir, niché au nord d’Agadir, que les forces spéciales marocaines passaient déjà à l’action. Ce lundi 6 juillet, dans une opération menée avec une précision chirurgicale, la Direction Générale de la Surveillance du Territoire (DGST) a neutralisé un individu radicalisé prêt à commettre l’irréparable au nom de Daech.
Sous le couvert de l’obscurité, des blindés et des unités d’élite ont encerclé les ruelles de la commune, tandis que les riverains dormaient encore. L’intervention, basée sur des renseignements ultra-précis, a permis l’arrestation immédiate du suspect, dont les intentions étaient bien plus concrètes que de simples velléités idéologiques : armes blanches, matériel tactique et projets d’attaques en préparation.
À peine le jour levé, les habitants d’Aourir découvraient les traces d’une présence terroriste à leurs portes. Si le soulagement dominait, la stupeur n’était pas moins grande : comment un réseau aussi dangereux avait-il pu s’infiltrer si près d’eux ?
Un laboratoire de la terreur démantelé à Inezgane
Quelques kilomètres plus loin, dans la zone industrielle d’Inezgane, les enquêteurs du Bureau central d’Investigations judiciaires (BCIJ) mettaient au jour l’un des secrets les plus terrifiants de cette cellule terroriste. Dans un entrepôt situé dans le quartier Traast El Jorf, un laboratoire logistique était en activité.
Au centre de l’entrepôt, un 4×4 modifié attirait l’attention. Les experts en explosifs ont découvert que son réservoir avait été transformé pour fonctionner au gaz butane, une astuce macabre visant à amplifier l’impact thermique et l’onde de choc lors d’un attentat-suicide ou d’une attaque à la voiture-bélier contre des sites stratégiques du Royaume.
Face au risque d’explosion immédiat, le BCIJ a déclenché un protocole d’urgence : évacuation des riverains, déploiement des démineurs de la DGSN et utilisation de robots télécommandés pour inspecter le véhicule sans mettre en danger des vies humaines.
L’inventaire glaçant d’un projet meurtrier
Une fois la zone sécurisée, l’inventaire a révélé l’ampleur de la menace. Des bonbonnes de gaz, des cocottes-minute piégées remplies de centaines de clous (shrapnels), des fils électriques, des détonateurs, un poste à souder et des produits chimiques solides et liquides ont été saisis. L’ensemble formait un arsenal prêt à être utilisé pour des attaques d’une violence inouïe.
Un coup de filet synchronisé sur tout le territoire
Si le cœur de cette cellule terroriste battait dans la région du Souss, ses tentacules s’étendaient bien au-delà. Pour éviter que l’interpellation d’Aourir ne déclenche une alerte précoce, la DGST a frappé simultanément dans sept villes : Agadir, Taroudant, Casablanca, El Hajeb, Tétouan, Fquih Ben Salah et Safi. Une opération coordonnée qui a permis l’arrestation de dix individus, dont un mineur de 17 ans et un ancien détenu condamné pour terrorisme.
Des preuves accablantes et une structure militaire
Dans les domiciles des suspects, les chiens renifleurs et les agents ont saisi un véritable arsenal : uniformes militaires, manuscrits détaillant des schémas d’assemblage de bombes artisanales, ainsi que des supports numériques contenant deux vidéos accablantes. La première montrait l’allégeance formelle des membres au « Calife » de Daech, tandis que la seconde contenait des menaces explicites de sabotage à l’échelle nationale.
La menace sahélienne au cœur de l’enquête
Les premières analyses révèlent une connexion inquiétante avec la branche de Daech au Sahel. Les ordres et le soutien logistique provenaient directement de cette région, avec une consigne claire : ne pas rejoindre les maquis d’Afrique subsaharienne, mais rester au Maroc pour y perpétrer des attaques internes. Une stratégie visant à semer la terreur sur le sol national.
La structure de cette cellule était militairement organisée. Une équipe de reconnaissance identifiait les cibles potentielles, une autre achetait discrètement le matériel nécessaire, tandis qu’une troisième, basée à Inezgane, modifiait les véhicules et assemblait les explosifs.
La DGST et le BCIJ sauvent des vies grâce à leur réactivité
Grâce à la vigilance et à l’efficacité de la DGST et du BCIJ, une catastrophe a été évitée. Les neuf suspects majeurs sont désormais en garde à vue, tandis que le mineur est placé sous surveillance spéciale, sous la supervision du parquet antiterroriste. Les enquêteurs s’attellent désormais au décryptage des téléphones et disques durs saisis, afin de traquer d’éventuels complices et de s’assurer qu’aucune menace ne subsiste dans l’ombre.
À Aourir comme à Inezgane, le calme est revenu. Mais dans les coulisses, la traque continue pour protéger le Maroc d’une radicalisation qui ne connaît pas de frontières.
