L’échiquier politique au Sénégal connaît un basculement majeur. Quelques jours seulement après avoir quitté ses fonctions de Premier ministre, Ousmane Sonko effectue un retour fracassant en s’emparant de la présidence de l’Assemblée nationale. Ce rebond rapide témoigne de la résilience et de l’influence persistante du leader du Pastef au sein des institutions du pays.

Lors de sa prise de parole, Ousmane Sonko a tenu à clarifier sa position : pour lui, un départ du gouvernement n’enlève rien à sa légitimité, qu’il puise directement dans le soutien du peuple africain et sénégalais. Bien que combatif, le nouveau président de la chambre basse a multiplié les gages d’apaisement envers le pouvoir exécutif, écartant toute idée de blocage systématique ou de règlement de comptes personnel.
Une cohabitation sous haute surveillance au Sénégal
Cette configuration politique est qualifiée d’inédite par de nombreux observateurs. Si Ousmane Sonko promet d’éviter le chaos institutionnel, il n’en demeure pas moins résolu à exercer un contrôle rigoureux sur l’action gouvernementale. Cette posture suggère une volonté de peser lourdement sur les décisions de l’exécutif, tout en utilisant les leviers législatifs pour équilibrer les pouvoirs de l’État.
Les tensions latentes entre le Pastef et la présidence de Bassirou Diomaye Faye sont déjà perceptibles. Le parti reproche notamment un manque de concertation préalable concernant la nomination du Premier ministre et la formation du futur gouvernement. Dans ce climat de méfiance, le Pastef a déjà fait savoir qu’il poserait des conditions strictes avant toute participation à la nouvelle équipe ministérielle.
Le Sénégal entre ainsi dans une phase où la souveraineté africaine s’exprime par un contre-pouvoir parlementaire affirmé. L’actualité panafricaine restera attentive à l’évolution de ce bras de fer institutionnel qui redéfinit les règles du jeu politique à Dakar.
