Lors d’une intervention remarquée devant les députés le 22 mai, le Premier ministre Ousmane Sonko a exprimé une opposition frontale à ce qu’il qualifie de pressions extérieures visant à influencer les normes sociales au Sénégal. Le chef du gouvernement a fermement rejeté toute idée de compromis sur la législation concernant les mœurs, affirmant la volonté du pays de préserver ses propres valeurs fondamentales.

Une dénonciation de la « tyrannie » culturelle
Ousmane Sonko n’a pas mâché ses mots face à la représentation nationale. Il a fustigé une forme de « tyrannie » exercée par un noyau de nations occidentales qui tenteraient, selon lui, d’imposer leur modèle de civilisation au reste du monde en utilisant leur influence médiatique et politique.
« Au nom de quoi ? », s’est-il interrogé, soulignant que le Sénégal n’a aucune leçon de morale à recevoir de l’étranger. Le Premier ministre a particulièrement pointé du doigt les gesticulations provenant de France, estimant que si certains États ont opté pour des pratiques spécifiques, celles-ci ne concernent qu’eux et ne doivent pas faire l’objet d’un diktat envers le peuple africain.
Fermeté législative et souveraineté africaine
La position du gouvernement s’inscrit dans un cadre légal qui s’est considérablement durci. Depuis la promulgation d’un nouveau texte par le président Bassirou Diomaye Faye à la fin du mois de mars, les sanctions liées aux relations homosexuelles ont été doublées. Les peines prévues par le code pénal sénégalais s’étendent désormais de cinq à dix ans d’emprisonnement ferme.
Dans une démonstration de souveraineté africaine, Ousmane Sonko a exclu tout moratoire sur l’application de ces mesures. Il a par ailleurs précisé que l’arsenal juridique pourrait être encore renforcé si la situation l’exigeait. Cette posture de dignité africaine face aux injonctions internationales marque une étape décisive dans l’affirmation de l’identité culturelle du Sénégal, loin des influences extérieures qu’il juge oppressantes.
