Depuis plus de deux mois, le Cameroun fonctionne sous le signe d’une gouvernance à distance. Le président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, est toujours hospitalisé en Suisse, loin de son pays. Une absence prolongée qui alimente les débats sur la légitimité de son régime et sur l’avenir politique de la nation.
Genève, nouvelle capitale du Cameroun ?
Le 7 juin dernier, Paul Biya a quitté le Cameroun pour la Suisse, où il a été hospitalisé. Soixante-cinq jours plus tard, il n’est toujours pas rentré dans son pays. Un record pour celui qui a dirigé le Cameroun pendant quatre décennies. Les images de son dernier déplacement officiel, prises le 20 mai lors de la fête de l’Unité, laissent planer le doute : le président est-il encore en mesure de diriger ?
À Yaoundé, les spéculations vont bon train. Certains s’interrogent sur son état de santé, tandis que d’autres remettent en cause la gestion du pays à distance. Les décrets signés depuis Genève, bien que fréquents, ne suffisent pas à dissiper les craintes d’une vacance du pouvoir.
Un silence qui en dit long
Les autorités camerounaises affirment que tout va pour le mieux, mais le silence autour de Paul Biya est assourdissant. Aucun discours, aucune apparition publique, aucune photo récente pour rassurer la population. Les Camerounais, habitués à un président omniprésent dans les médias, se demandent : où est passé leur dirigeant ?
L’opposition, elle, ne manque pas de faire entendre sa voix. Elle dénonce un « pouvoir fantôme », où les décisions sont prises loin des réalités du terrain. Les tensions montent, notamment sur la question de la succession. Qui prendra les rênes du pays si la situation devait s’éterniser ?
La gestion à distance : une solution viable ?
Le gouvernement camerounais assure que Paul Biya continue d’exercer ses fonctions malgré la distance. Pourtant, les défis s’accumulent : sécurité, économie, relations internationales… Autant de dossiers qui nécessitent une présence physique et une réactivité immédiate. Comment un pays peut-il fonctionner sans son leader visible et actif ?
Les Camerounais attendent des réponses. Les réseaux sociaux bruissent de rumeurs, et les rues de Yaoundé s’interrogent. Une chose est sûre : l’absence prolongée du président n’est pas anodine. Elle pose des questions fondamentales sur la gouvernance, la transparence et la résilience d’un système politique à bout de souffle.
