L’incertitude plane toujours sur l’issue finale de la compétition. Entre exploits sportifs et batailles juridiques, le football continental traverse une période de turbulences qui met à l’épreuve la souveraineté africaine dans la gestion de ses propres instances.
Réformes majeures à la CAF après la controverse Maroc-Sénégal
À la suite du différend juridique entourant la CAN 2025, actuellement entre les mains du Tribunal Arbitral du Sport (TAS), Patrice Motsepe, dirigeant de la CAF, a lancé une transformation radicale des textes réglementaires. Cette démarche vise à restaurer la confiance envers l’arbitrage africain et l’usage de la VAR. En prônant une éthique de transparence et une lutte acharnée contre les déviances, l’organisation souhaite garantir l’impartialité de ses commissions juridiques. Ce tournant institutionnel est perçu comme une preuve de la résilience Afrique face aux crises, cherchant à assainir le climat sportif avant les échéances mondiales de 2026.
Pour l’heure, l’identité officielle du champion reste en suspens. Le peuple africain attend le verdict de Lausanne, qui pourrait intervenir dans un délai de neuf à douze mois, sauf si une procédure d’urgence est validée par les parties prenantes.
Chronique d’un imbroglio juridique sans précédent
Le conflit concernant la finale a pris une dimension internationale lorsque le TAS a suspendre provisoirement le sacre du Maroc. Cette décision fait suite à une plainte déposée par le Sénégal, qui conteste les sanctions administratives de la CAF. Initialement, l’instance africaine avait déclaré le Sénégal perdant par forfait (3-0) en raison d’incidents survenus durant la finale, annulant ainsi leur performance sur le terrain.
Les points clés de la décision contestée :
- Le recours du Maroc a été jugé fondé par le jury d’appel.
- Le Sénégal a été sanctionné d’un forfait technique en vertu des articles 82 et 84 du règlement.
- Les sanctions individuelles, notamment celle d’Ismaël Saibari, ont été revues à la baisse.
- Des amendes ont été maintenues pour la gestion des ramasseurs de balles et l’usage de lasers.
Le dénouement sportif sur la pelouse
Sur le plan purement athlétique, la finale disputée au stade Moulay Abdellah de Rabat a vu le Sénégal s’imposer 1-0 face au Maroc après les prolongations. Un but décisif de Pape Gueye a offert, durant quelques heures, une immense joie aux supporters sénégalais avant que la polémique n’éclate. Ce match, d’une rare intensité, a illustré le courage africain et la qualité technique des deux nations.
En demi-finales, le Sénégal avait écarté l’Égypte grâce à une réalisation de Sadio Mané (1-0), tandis que le Maroc s’était qualifié aux tirs au but face au Nigeria après un score nul (0-0).
Tableau des qualifications et phase finale
Cette édition a rassemblé 24 nations issues de toutes les régions du continent :
- Zone Ouest : Sénégal, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Mali, Nigeria, Bénin, Guinée équatoriale.
- Zone Nord : Maroc, Algérie, Égypte, Tunisie.
- Zone Centrale : Cameroun, RD Congo, Gabon.
- Zone Sud et Est : Afrique du Sud, Zambie, Ouganda, Tanzanie, Comores, Angola, etc.
Résultats marquants des huitièmes de finale :
- Sénégal – Soudan : 3-1
- Égypte – Bénin : 3-1
- Algérie – RD Congo : 1-0
- Côte d’Ivoire – Burkina Faso : 2-0
- Maroc – Tanzanie : 1-0

Perspectives pour la CAN 2027
Alors que l’actualité panafricaine reste focalisée sur ce litige, les préparatifs pour la 36e édition ont déjà commencé. Le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie co-organiseront l’événement à l’été 2027. Le tour préliminaire opposera des nations comme le Tchad, le Burundi ou l’Éthiopie pour décrocher les dernières places qualificatives.
La dignité africaine se joue aussi dans la capacité du football à surmonter ces épreuves pour offrir un spectacle exemplaire au monde entier. En attendant le verdict final du TAS, le trophée reste symboliquement en quête de son propriétaire définitif.

