Révélation choc : la police de la RDC compte des milliers d’agents fantômes

RDC : près de 64 000 policiers fantômes découverts dans les rangs de la police nationale

Un audit gouvernemental a révélé une situation alarmante au sein de la Police nationale congolaise. Sur les 157 886 policiers officiellement enregistrés, 63 817 agents sont considérés comme « fictifs » ou « inactifs ». Cette découverte réduit drastiquement les effectifs opérationnels, plongeant le pays dans une crise sécuritaire plus profonde.

L’audit a mis en lumière un phénomène préoccupant : des milliers de noms inscrits sur les registres ne correspondent à aucun agent réel ou en service actif. Résultat, le ratio policiers/habitant, déjà faible, devient insuffisant pour garantir la sécurité des 100 millions de Congolais.

RDC : près de 64 000 policiers fantômes découverts dans les rangs de la police nationale Des policiers congolais lors d’un défilé à Kinshasa, le 24 février 2025. © HARDY BOPE / AFP

Pour remédier à cette situation, les autorités congolaises ont lancé une opération de vérification biométrique des agents. Cette démarche, débutée à Kinshasa, sera étendue aux 25 autres provinces du pays. L’objectif ? Éliminer les doublons, éradiquer les emplois fictifs et instaurer une base de données fiable pour gérer les salaires, les recrutements et les promotions.

Une réforme coûteuse pour l’État et cruciale pour la sécurité

Les conclusions de l’audit révèlent un coût exorbitant pour les finances publiques : entre 99,8 et 233 millions de dollars perdus chaque année en raison de ces effectifs irréguliers. Cette situation pousse le gouvernement à accélérer une vaste réforme de modernisation de la police, prévue jusqu’en 2030 avec un budget de 2,55 milliards de dollars.

Ce plan ambitieux inclut notamment :

  • Le recrutement et la formation de 90 000 nouveaux policiers ;
  • Une restructuration profonde des institutions sécuritaires ;
  • Un renforcement des liens entre la police et les citoyens.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte où l’insécurité s’aggrave, particulièrement à Kinshasa. Les habitants dénoncent une recrudescence des braquages, enlèvements et agressions armées. Face à cette menace, le président Félix Tshisekedi a exigé du gouvernement une intensification de la lutte contre les réseaux criminels tout en poursuivant les réformes structurelles.

Un défi sécuritaire et financier face à l’urgence

Cette découverte met en lumière les failles structurelles du système policier congolais. Au-delà des pertes financières, le pays doit faire face à un déficit de sécurité criant. Les autorités comptent sur cette réforme pour restaurer la confiance des citoyens et améliorer l’efficacité des forces de l’ordre.

La mise en place de cartes biométriques et la vérification systématique des agents devraient permettre de clarifier les effectifs réels. Une avancée nécessaire pour redonner à la RDC les moyens de garantir la paix et la stabilité à sa population.