Sénégal : le Pastef d’Ousmane Sonko se retire du nouveau gouvernement

Le paysage politique au Sénégal connaît un tournant décisif. Le président Bassirou Diomaye Faye a officialisé ce lundi la formation d’un nouveau cabinet ministériel, une équipe marquée par l’absence totale du Pastef, le parti dirigé par son ancien Premier ministre et allié historique, Ousmane Sonko.

Ce remaniement intervient douze jours seulement après que le chef de l’État a démis Ousmane Sonko de ses fonctions à la primature, ce dernier ayant depuis été élu à la présidence de l’Assemblée nationale. Cette séparation officielle entre les deux figures de proue de l’exécutif met en lumière des tensions latentes qui plongent le pays dans une phase d’incertitude politique, alors que le contexte économique demeure fragile.

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Des divergences de vues sur la composition de l’exécutif

C’est Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, le successeur désigné au poste de Premier ministre, qui a dévoilé la liste des trente ministres. Le constat est sans appel : plusieurs cadres du Pastef, qui étaient membres du gouvernement précédent, ne font plus partie de l’équipe gouvernementale.

Peu avant cette annonce officielle, Ousmane Sonko avait pris les devants en publiant un communiqué sur ses réseaux sociaux pour expliquer ce retrait. Il y relate un long entretien avec le président Bassirou Diomaye Faye, précisant que si des points d’accord existent, des désaccords profonds subsistent, notamment sur le rôle et l’influence de la majorité au sein de l’appareil d’État.

Selon le leader du Pastef, les nouvelles suggestions soumises par les instances du parti n’ont pas trouvé d’issue favorable auprès de la présidence. En conséquence, la formation politique a pris la décision radicale de ne pas participer au nouveau gouvernement et de n’y envoyer aucun représentant ministériel.

Un défi économique majeur pour le Sénégal

Cette réorganisation politique s’opère dans une période de turbulences financières. Le Sénégal doit en effet composer avec les révélations de 2024 concernant une sous-évaluation massive de la dette publique par l’administration précédente. Avec un endettement atteignant 132 % du produit intérieur brut, le pays a vu son programme de prêt de 1,8 milliard de dollars suspendu par les institutions internationales.

Dans une quête de souveraineté africaine et de stabilité, le ministère des Finances a indiqué que des pourparlers cruciaux devraient reprendre dès la semaine prochaine. L’enjeu est de taille pour le peuple africain du Sénégal : trouver un terrain d’entente d’ici la fin du mois de juin pour redresser la trajectoire économique du pays.