Sénégal : l’engouement des Paris sportifs avant le mondial 2026

Le Sénégal sous l’effet boule de neige des Paris sportifs à l’approche du Mondial 2026

Quelques semaines avant le coup d’envoi de la Coupe du monde de football 2026, le Sénégal s’embrase autour des Paris sportifs. Depuis 2021, le secteur a connu une véritable révolution numérique : exit les déplacements en boutique, place aux applications mobiles. Résultat ? Une explosion du nombre de parieurs, transformant l’événement en une véritable folie collective.

Des supporters du Sénégal célébrant leur équipe lors d'un défilé à Dakar en janvier 2026

Des jeunes Dakarois pris dans la tourmente des Paris

Dans les cercles de jeunes footballeurs du quartier, les discussions sur le match Sénégal-France du 16 juin 2026 vont bon train. Chaque scénario est envisagé : Assane, parieur averti, mise déjà sur plusieurs applications en combinant les Paris pour maximiser ses chances. « Je vais parier sur deux plateformes : la France ici, le Sénégal là-bas. Comme ça, quoi qu’il arrive, je suis couvert. Un pote m’a même appelé en me disant : « Assane, j’ai besoin de tunes, viens, on fait des Paris. » Je lui ai répondu : « Vas-y, on tente notre chance ensemble ! » »

Mohamed, lui, assume pleinement son engouement. « Ça me fait vibrer », confie-t-il avec un sourire. Pour le Mondial 2026, il a déjà placé des mises sur le premier match des Lions de la Teranga face aux Bleus. « J’ai misé sur plusieurs combinaisons : victoire du Sénégal, match nul, Mbappé et Mané qui marquent… J’espère que tout se passera comme prévu, car sinon, je perds ! » »

Un bilan financier contrasté

Le mois dernier, Mohamed a dépensé 80 000 francs CFA (122 euros) en Paris sur tous les championnats, des championnats locaux aux ligues américaines ou chinoises. « On parie sur tout, sans limite. Mais il faut être honnête : on perd plus qu’on ne gagne », admet-il, un constat partagé par de nombreux Dakarois.

L’essor des Paris sportifs au Sénégal coïncide avec la période post-Covid, où les applications mobiles ont envahi les écrans. Malick Diouf, fondateur du Dakar Sport Summit, décrypte ce phénomène : « Nous sommes un pays majoritairement musulman où les Paris étaient traditionnellement mal perçus. La digitalisation a brisé ce tabou et ouvert la pratique à toutes les couches sociales, sans jugement. »

Un secteur en pleine mutation, sous haute surveillance

Le marché sénégalais est dominé par trois géants : l’opérateur russe 1xBet, l’entreprise française Betclic et le groupe local Sunubet. Depuis novembre 2025, leurs revenus et les gains des parieurs sont taxés à 20 %. « L’État en profite, mais cet argent doit servir au financement du sport professionnel, et surtout amateur », souligne Malick Diouf.

Avec l’arrivée du Mondial, les parieurs s’attendent à des excès. Les associations tirent déjà la sonnette d’alarme face à l’augmentation des cas de dépendance. Une période à haut risque, où l’enthousiasme peut rapidement basculer dans l’excès.

  • Plateformes dominantes : 1xBet, Betclic, Sunubet
  • Taxation : 20 % sur les revenus et les gains
  • Financement : Les taxes doivent servir au sport amateur et professionnel
  • Risques : Hausse des cas de dépendance pendant le Mondial

Le Mondial 2026 n’est pas seulement un événement sportif pour le Sénégal : il est aussi le théâtre d’une révolution des Paris, où passion et risques financiers s’entremêlent.